‹ Romancero de Champagne (volume 2)Chapitre 123 sur 129 · LA CHANSON DE ROBERT DE LA MARK · texte numérisé non relu

LA CHANSON DE ROBERT DE LA MARK

Le seigneur de la Marche Ne dort ne nuict ne jour, Chevauchant la Champagne Pour trouver des Bourguignons.

Hélas! la don don,

N'oseroit-on dire,

N'oseroit-on don,

N'oseroit-on dire

Que à Peronne allons ?

Chevauchant la Champagne Pour trouver Bourguignons, En son chemin rencontre Troys gentils compagnons. — Hélas! etc.

En son chemin rencontre Troys gentils compagnons :

— Dieu vous gard, capitaine, Et à vous, compagnons!— Hélas ! etc.

auteur de mémoires fort curieux, mort eu 1530. — Charles de Chabannes, comte de Dammartin, brave chevalier mort en 1552.— Au lieu de forais et Sainseval, il faut lire Sarcus et Saisseval, noms de deux braves gentilshommes picards.— Jehan de Sarcus, gouverneur dllesdin, fut capitaine-général des hommes de pied de la Picardie sous Fran cois l*r. — Peronne la Jolyc est encore Peronne la Pucelle, comme l'ont laissée Dammartin et Florengc.

Dieu vousgard, capitaine, Et à vous , compagnons !

Avez vous point ouï dire Où sont les Bourguignons? — Hélas, etc.

Avez vous point qui dire Où sont les Bourguignons?

— Par ma foy, très cher sire, Devant Peronne sont. — Hélas! etc.

Par ma foy, très cher sire, Devant Peronne sont.

Print Moreau par la bride, Picqua des éperons. — Hélas! etc.

Print Moreau par la bride, Picqua des éperons.

Quant fut devant Peronne, On luy descend le pont. —Hélas ! etc.

Quand fut devant Peronne, On luy descend le pont.

Monte sur la muraille, Hardy comme ung lyon. — Hélas, etc.

Monte sur la muraille, Hardy comme ung lyon, Dctaschant coulevrines, Bombardes et canons. — Hélas ! etc.

Détaschant coulevrines, Bombarbes et canons, Les fossés de Peronne Remplit de Bourguignons. — Hélas! etc.

Les fossés de Peronne

Remplit de Bourguignons.

On leur a fait la barbe

Rie à rie du menton. — Hélas! etc.

On leur a fait la barbe Rie à rie du menton.

Le seigneur de la Marche Ne dort ne nuict ne jour. — Hélas (1)!

(1) Chansonnier de 1543. — Cette chanson, faite en l'honneur d'un des plus grands hommes de guerre donnés à la France par la Champagne, concerne Robert de la Mark, seigneur de Sedan et de Fleuranges, né à Sedan même, en 1490. Ami d'enfance de François I", il fit avec la plus grande bravoure toutes les guerres d'Italie, reçut quarante-six blessures au siège de Novarre, gagna plusieurs batailles et fut fait prisonnier à Pavie. Le roi, pendant sa captivité, le créa maréchal de France. Quand les Impériaux, que le poète appelle les Bourguignons par réminiscence des guerres du XV* siècle, envahirent notre pays en 1536, ils assiégèrent Péronne. Mais Robert de la Mark, l'intrépide Ardennais, s'y trouvait avec nos milices et celles de Picardie. Son énergie et sa bravoure sauvèrent la place.- Mais il succomba aux suites de ses fatigues au moment où il allait voir son vieux père, qui lui-même se mourait à Sedan. — Moreau, son cheval, nous parait le digne successeur du célèbre Bayard, le roi des coursiers ardennais.

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