LA LÉGENDE DE SAINT GORGON
Chantons à l'unisson La foi, les grandeurs et la gloire
Du puissant saint Gorgon :
Chrétiens, célébrons sa mémoire.
Oui, chantons les combats Qu'il soutint avec grand courage,
Jusqu'au jour du trépas, Contre les fureurs de la race.
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Voyez Dioctétien, Cet empereur abominable, Exigeant du grand saint Un sacrifice détestable.
— Moi, dit alors Gorgon, Moi, donner un encens impie
A tous ces dieux sans nom ! ! !
J'aimerais mieux perdre la vie.
Jésus est mon Sauveur; C'est mon trésor, c'est mon seul maître ;
Pour lui seul tout mon cœur, Toute ma vie et tout mon être.
A ces mots, furieux, Le tyran montre sa colère ; Et l'ennemi des dieux
Subit un châtiment sévère.
Voyez le saint martyr !
De tout son corps le sang ruisselle ;
Sans se laisser fléchir, Il affronte la mort cruelle.
Sur son corps tout sanglant Vous versez le vinaigre !. .. infâmes! ! !
Et votre chambellan Est couché sur un lit de flammes.
Grand saint, quelle douleur !
Mais courage I ... le chœur des anges
Vous porte, avec bonheur, Au sein des célestes phalanges.
Du haut des cieux, priez, Oui, priez notre divin maître
Pour tous les affligés, Afin qu'heureux nous puissions être(l).
(1) Ardennes.— Collection de M. Nozot.— L'an de Jésus- Christ 302, Dioclétien publia son édit de persécution contre les chrétiens. Gorgon, officier de l'empereur, ému par la constance des martyrs, se fit chrétien. L'empereur le fit flageller; sa peau fut déchirée avec des ongles de fer; on arrosa ses plaies avec du vinaigre ; il fut placé sur un gril ; enfin, il fut étranglé. Ses reliques, dont une partie est à Rome, sont vénérées dans l'église de Pouillon, près Reims : on va les visiter en pèlerinage le 9 Septembre.