LA LÉGENDE DE SAINT NICAISE
Vieille chanson bonne volez oïr, De grande histoire et de mervilleux prix, Si comme li Vandres vinrent en cet païs. Chrestienté ont malement laidi, Les hommes morts et ars tôt le païs ; Détruirent Reims, et arsent les Marchis Et saint Mesmin, si com la chanson dit ; Et saint Nicaise de Reims y fut occis (4).
Mérovéus fut preus et hardis ; Et, si com je truie es escris, Cil fu li mioudres rois paiens, Ki fust encor sour trouens.
El premier an cestui, fu nés Saint Remis, li buens, ordenés A Rains, où il tint siège et leu L'an de l'incarnation Dieu XLV1II et IIII cens.
Et al quart an, si com je pens, Sont li Hungre issu de Hungrie.
Si ont toute Gaille exiliie.
(1) Roman de Garin le Loherain, livre 11. — Version de dom Calmkt, Histoire de Lorraine. — Voir le Roman de Garin publié narM. l\ Paris : il y a de notables variantes.
Car il en oient liu et aise.
S'ocirent à Rains saint Nicaise Et clers et lais communément (4)..
(t) Chronique de Vh. Moiskk, tome l, page 14. Bruxelles, 1838. — Le Moyen-Age n'a pas oublié le dévouement de saint Nicaise, mort à son poste en cherchant à sauver son troupeau de la fureur des Barbares. — Ne serait-il pas temps de lui rendre un monument ? — La société ne peut que gagner à perpétuer le souvenir des belles actions.