‹ Romancero de Champagne (volume 2)Chapitre 18 sur 129 · SAINT REMI, APOTRE DES FRANÇAIS · texte numérisé non relu

SAINT REMI, APOTRE DES FRANÇAIS

0 vous, qui régnez dans la gloire, Illustre apôtre de ces lieux, Nous honorons votre mémoire, Nous vous offrons nos humbles vœux, D'immortels rayons de lumière Ornent votre front glorieux ; Que l'hommage le plus sincère Monte jusqu'à vous dans les cieux.

Vers la vertu, dès son aurore, Rémi tourne ses sentiments ; Il consacre au Dieu qu'il adore Son cœur, son esprit et ses sens.

Pontife, malgré sa jeunesse, Au plus beau feu de la ferveur Il joint une noble sagesse Dont l'âge mûr se fait honneur.

La détestable idolâtrie Captivait encore nos rois, Asservissait notre patrie Sous ses pernicieuses lois; Clovis, enivré de sa gloire, Revient vainqueur de l'ennemi :

La main du Dieu de la victoire L'amène aux genoux de Rcmi.

— Du seul vrai Dieu sois lu conquête,

Dit-il au roi victorieux ; Fier sicambre, courbe la tête Sous son pouvoir victorieux ; Qu'il règne seul dans ta grande âme, Ce Christ blasphémé par Clovis, Et que ta main livre à la flamme Ces dieux muets que tu servis.

Aux vérités de l'Evangile Le prince ouvre aussitôt son cœur, Et baisse une tête docile Sous l'aimable joug du Seigneur.

Il lui consacre sa personne, Heureux d'obéir à ses lois, Et de soumettre sa couronne Au Dieu par qui régnent les rois.

Il dépose son diadème Et la fierté de son esprit ; Dans l'onde pure du baptême Il se revêt de Jésus-Christ.

Le Ciel, par une onction sainte, Consacre en lui la royauté :

Son front reçoit l'auguste empreinte De la divine majesté.

De là Reims voit dans son enceinte, Par un usage solennel, Nos rois, sacrés par l'huile sainte, Vouer leur sceptre à l'Eternel.

De leur règne offrant les prémices Au Dieu de paix et de bonté, Ils exercent, sous ses auspices, Leur paternelle autorité.

La foi de Rémi fructifie

Dans les héritiers de Clovis,

Et jamais l'impure hérésie

N'a souillé la blancheur du lis.

Pleins d'une foi vive et soumise,

Humbles brebis du saint troupeau,

Dignes fils aînés de l'Eglise,

Ils n'ont point de titre plus beau.

Famille à nos cœurs toujours chère, Princes cléments et vertueux, Qu'ils soient nos pères sur la terre Et nos protecteurs dans les cieux.

Nouveaux Davids de notre France, Qu'ils vivent devant vous, Seigneur !

Soyez l'appui de leur puissance, Souvenez-vous de leur douceur.

Et vous, pontife vénérable, Que Dieu couronne dans les cieux, Protecteur toujours secourable, Dès qu'on vous invoque en ces lieux, Que votre grand crédit bannisse Loin de nous toutes les erreurs!

Qu'il sauve des pièges du vice Tous les esprits et tous les cœurs !

0 tendre pasteur ! ô bon père !

De ces beaux noms souvenez-vous; Pour un peuple qui vous révère, Employez vos soins les plus doux.

Du sein de la céleste gloire, Rendez tous les Français soumis ; Demandez pour nous la victoire Sur nos perfides ennemis.

Page 1