ARCHEVÊQUE DE REIMS
Tilpin, digne prélat d'honneur et de mé-
[moire (1), Icy gist en son corps ; son esprit vit en gloire. Saint Denys l'envoya pour pasteur en ce lieu, Pour père des enfans de l'Eglise de Dieu.
(i) Tilpin» ou Turpin, monta sur le siège de saint Rémi vers 756.— Trésorier de Saint-Denis, en France, conseiller et parent de Charlemagne, il l'accompagna dans ses expéditions, et notamment, si l'on en croit nos trouvères, dans la guerre d'Espagne terminée par la fatale journée de Roncevaux. La chronique qui raconte cette défaite et ses suites dans ce monde et dans l'autre, et dont on fait honneur à Tilpin, parait avoir été composée vers 1092. Cette attribution, plus que suspecte, a plus popularisé la mémoire de ce prélat, que tout le bien qu'il a pu faire en sa vie. — D'après les Chroniques du Haynault, les légendes et romans qui les ont engendrées et commentées, Turpin aurait été petit-fils de Turpin, premier comte d'Ardennes, — fils de Doolen, comte de Mayence,— et frère de Haymon d'Ardennes, de Godefroy, marquis d'Ardennes : par suite, il se trouve oncle des quatre fils Aymon, d'Ogier d'Ardenemark,— neveu de Thierry l'Ardenois,— et cousin et même oncle de Charlemagne.—Avec une pareille parenté, peut-on être oublié? Turpin, mort vers 795. fut inhumé dans l'église de Saint- Remi. Hincmar lui fit un toml)eau et une épitaphe dont la traduction, faite par N. Chesneau, se lit ci-dessus. On voyait encore, dans le trésor de Notre-Dame de Reims, une chasuble, «t dans la bibliothèque de Saint-Remi, un pontifical donnés par Tilpin.
Par quarante ans et plus ilvesquit en sa charge, Puis paya le tribut de nature en vieil âge. Il mourut en Septembre et en semblable jour Que le Seigneur vainquit la mort et son secour. Et d'autant que le lieu et le grade de mesme Le joignit à Hincmar d'ailliance supresme, Hincmar, outre le titre, a dressé ce sarcueil, Qui les os doucement de son Tilpin accueil.