‹ Romancero de Champagne (volume 2)Chapitre 39 sur 129 · LA LÉGENDE DES ÉCROUELLES · texte numérisé non relu

LA LÉGENDE DES ÉCROUELLES

Par tous pais de crestiens (1), Entre Juïs, qui Dieu desprisent, Etes lieus, que paiiens justisent, Si com le soleil fait sa danse, Set on bien queli roys de France, Comment que il soit façonnez (2), Est li plus dignes couronnez, Sanz ce qu'aucun riens i ament, Qui vive sous le firmament.

Et ce voit-on par raisons clères.

Diex du ciel, li souverains pères, Si grant bonne aventure donne A quiconques a la couronne De la terre ramentéue, Qu'il fait, puisqu'il l'a recéue, Tout son vivant, miracles bêles ; Car il guérit des escroelles Tant seulement par i touchier ,

(i) Branche des royaux lignages, Gciabt, 1305, édition Buchon,— vers 190.

(2) Henri IV, sacré à Chartres avec, l'huile d'une fiole miraculeuse conservée dans l'abbaye de Marmoutiers, a, comme ses prédécesseurs, touché les écrouelles.

Sans emplastre dessus couchier ; Ce qu'autres rois ne puent faire (1).

(1) Telle était cependant la prétention des rois d'Angleterre, prétention malheureuse et mal fondée, tirée de celle qu'ils élevaient sur la couronne de France. Us y joignirent pendant longtemps celle de porter des fleurs de-lis dans leurs armes et dans leurs palais. Us en mettaient partout, même en certains lieux où personne ne pouvait aller à leur place. — « C est bon ! c'est bon ! disait un prisonnier français, à qui l'on fit remarquer ce détail : ils n'ont qu'à les regarder, ils auront toujours le ventre libre. »

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