LORS DE SON PASSAGE A REIMS, LE 12 MAI
Vous que la France voit unie (1)
Au sang illustre des Bourbons, Princesse, en qui le ciel a versé tous ses dons
Pour le bonheur de la patrie,
Des bras de l'auguste Marie Hâtez-vous de voler entre ceux d'un époux. Un choix si mérité, que l'hymen ratifie, Fait la gloire du trône, et n'était dû qu'à vous.
Ce Dieu d'une même couronne Va ceindre votre tctc et celle de Louis : Puissent vos noms, vos cœurs, par l'Amour Sous les auspices deLatone, [réunis
Assurer pour jamais à l'empire des lys
Le noble éclat qui l'environne !
Ces adieux, ces honneurs, ces transports et
Dont retentit votre passage, [ ces cris
De vingt peuples divers ccmlbndent le langage :
On vous regrette à Vienne, on vous aime à Paris.
(I) Havk.— Bibl. de la ville de Reims.— Marie-.\ntoincUe, en se rendant à Versailles pour épouser le petit-fils de Louis XV, passa par Reims : elle y reçut le plus gracieux accueil.
Tout Français est heureux d'admirer votre
[image :
11 reconnaît en vous ces sublimes vertus Dont Leczinska fut le modèle (1); Votre présence rtotis râppeile Cette reine, hélas ! qui n'est plus,
Et qui, selon nos vœuX, devait être immortelle.
Faibles interprètes du cœur.
Nous les formons pour vous, adorable princesse ;
Ces concerts, ces chants d'allégresse
Sont les symboles du bonheur
Que nous promet votre tendresse.
Mais, que dis-je?... Déjà votre époux vous at-
Et sur l'autel de l'Hyménée, [ tend,
Vous allez consacrer, en un même moment, Votre amouF^ nos désirs et notre destinée.
(l) Marie Leczinska, quand elle allait en Lorraine visiter son vieux pore, aimait à s'arrêter dans nos murs : l'affection que nos pères portaient à la famille de nos rois, leur afvait conquis ses sympathies.
CflANSON