‹ Romancero de Champagne (volume 3)Chapitre 36 sur 92 · UNE ROMANCE DU CAMP DE LA LUNE · texte numérisé non relu

UNE ROMANCE DU CAMP DE LA LUNE

(Septembre 1792.)

Seigneurs arislocrales, Où donc est le cercueil Qu'aux bourgeois démocrates Préparait votre orgueil?

Nous devions expirer, à vous entendre dire : Peut-être^ nous vous en croyons; Peut-être^ en effet, nous mourrons.

Mais ce sera de rire.

Gonflés d'importance^ Comme sont tous les sots, Vous disiez que la France Etait sans généraux. Eh bien ! qu'en pensez-vous ? Kellermann et De leurs sabres républicains, [ Custine,

décapiter son roi, et qu'elle n'a plus rien à désirer, la pièce se termine par ce chœur :

Chantons, dansons ! la patrie est contente.

Partout ses braves défenseurs

Ont frappé les rois d'épouvante :

La république est triomi)hante !

Chantons, dansons ! nos frères sont vainqueurs.

En fait, au mois d'Août 1792, Dumouriez fut envoyé pour arrêter la marche du roi de Prusse. Il plaça son camp à Grandpré, entre l'Aisne et l'Acre. Son artillerie était à Senuc, à cinq lieues de Sainte-Mcnehould. Dillon commandait aux Tslettes , et Kellermann à Chàlons-sur-Marne. — Le général prussien Clairfayt força le passage de la Croix-aux- Bois, et Dumouriez fut forcé d'évacuer le camp de Grandpré. Il se retira sur Autry, et de là sur Sainte-Menehould. — Les Prussiens eutrcreut â Grandpré le 16 Septembre, passèrent la Tourbe, et, le 19, arrivcrctil pris de Valmy. Chacun connaît l'issue de la bataille. Celte victoire inspira la ronde qui précède.

Quanti ils font la chasse aux faquins, N'ont pas mauvaise mine.

Dédaignez-vous encore Le brave Dumouriez?

Vous avez fait cclore Sur son front des lauriers.

Nous avons un Ajax, nous avons un Ulysse, Qui prend des villes par raison, Tout en rimant une chanson, Sans rêver h la Suisse.

Brunswick et sa cohorte Au très-vaillant Condé Devait prêter main-forte, Mais il s'est évadé.

Voyez donc quel malheur en tout vous accom- Nous vendrons vos châteaux jolis, [pagne : Vous irez bâtir, mes amis.

Des châteaux en Espagne.

Vos pièces de campagne Devaient brûler Paris :

Pour le coup, la montagne Enfante une souris.

Il ne vous reste plus, pauyres soutiens du trône, Que des yeux pour pleurer en vain.

Un sac, et tout juste une main Pour demander l'aumône (1).

(1) GouRiKT.^Lcs vœux de l'auteur ont été pleinement accomplis. V. Hist. de la révolution, M. Louis Blanc, dernier volume.

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