‹ Romancero de Champagne (volume 3)Chapitre 35 sur 92 · LA RONDE DU CAMP DE GRANDPRÉ · texte numérisé non relu

LA RONDE DU CAMP DE GRANDPRÉ

(Septembre 1792.)

Vous, aimables fillettes, Et vous, jeunes garçons, Aux sons de nos musettes Unissez vos chansons.

Si vous aimez la danse, Venez, accourez tous Boire du vin de France Et danser avec nous.

Ces nobles et ces princes.

Contre nous conjurés, En quittant leurs provinces.

Disaient aux émigrés : — Si vous, etc.

Quelques enfants timides, A leur premier essor, Quelques guerriers perfides Leur ont chanté d'abord : — Si vous, etc-

Ces bandes aguerries S'avançaient à grands pas ; Du fond des Tuileries, On leur criait... tout bas : — Si vous, etc.

Ici, d'un ton plus leste On les a fait danser :

Notre jeunesse est preste Et peut recommencer. — Si vous, etc.

Nous avons l'humeur fière Envers leurs potentats ; Mais, de notre rivière.

Nous crions aux soldats : — Si vous, etc.

Une loi bienfaisante Et qu'on vous montrera Donne cent francs de rente A qui désertera. — Si vous, etc.

Ces fils de la Victoire, Vaincus parles Français, Passent les jours sans boire Et ne dansent jamais. — Si vous, etc.

Déjà leur grand courage Commence à se lasser :

Ils viennent à la nage, Pour boire et pour danser. — Si vous, etc.

En ces lieux, par douzaine, 11 en vient chaque jour ; Puis, sur les bords de l'Aisne, Ils chantent à leur tour :— Si vous, etc.

Bientôt l'armée entière, Hormis les officiers, Va, sous notre bannière, Chanter dans nos foyers :

Nous aimons tous la danse Et nous accourons tous Boire du vin de France Et danser avec vous (1).

(1 ) Le Camp de Grandpré ou le Triomphe de la République. — Ce divertissement lyrique, joué pour la première fois dix jours après le martyre de Louis XVI (27 Janvier 1793), est l'œuvre deM.-J. Chenier. Gossec en fit la musique. I^i scène se passe à Grandpré. Au moment où la toile se lève, il y a trêve entre les Français et les Prussiens. Ou chante les couplets ci-dessus, en dansant autour d'un arbre de la liberté. — La trêve est rompue. Les gardes nationales des Ardennes et la troupe de ligne battent les ennemis, et l'on revient sur la scène chanter et danrer, attendu que la patrie est contente; et comme, pour le moment, elle vient .de

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