‹ Romancero de Champagne (volume 3)Chapitre 4 sur 92 · XVIJ · texte numérisé non relu

XVIJ

Que dites-vous do Cail«l Ilousscllc?

— Ali ! ah ! ail ! mais vraiment , Cadet Rousselie est bon enfant.

La Chanson est l'oiseau qui dit tout, qu'eik vous raconte ses victoires sur le lM)n sens, qu'elle écrive pour vous la légende des caprices que se permit la belle Aspnsie. Celle fois, nous ne la suivrons pas. Arrêtons-nous aux jours où l'hérilier de nos rois, visitant la vieille Auslrasie, parcourait notre pro vince au milieu des acclamations populaires : là pouvait commencer pour la France une ère de bonheur cl de liberté dont aucun do nous n'aurait vu la fin. Pourquoi n'en fut-il pas ainsi? Le silence des peuples est la leçon dos rois : que le silence de voire Jiomancero soit la leçon de tous 1 Devant les arcs de verdure élevés sur la roule de Charles X, ce priuce bon et spirituel comme Henri IV, au bruit des cris de : Vive le roi ! prononcés pour la dernière fois dans nos antiques cites, séparons-nous. Mieux vaut vider la coupe des adieux au milieu des fleurs, qu'assis sur des ruines

Adieu donc. Donnes Gens ! Ensemble nous avons passé la veillée sous le toit de cluuime ; ensemble nous avons, avec la jeunesse, dansé sous le vieux chêne; ensemble nous avons descendu le fleuve de notre histoire; ensemble nous avons prié le Dieu créateur du monde, le Dieu mort pour nous. Ce que nous vous avions promis, nous vous l'avons donné : votre Romancero, le voilà. Du monument que nous voulions élever à notre vieille littérature, c'est la dernière pierre ; de noire aîTection pour notre patrie, c'est le filial, c'est peut-être le dernier hommape. A tous ceux qui nous ont aidé dans nos recherches, à tous ceux qui voulurent bien faire bel accueil à notre entreprise, à tous les compagnons de notre long voyat^e, encore une fois salut et merci ! Puissent-ils, en feuilletant nos volumes, leur adresser d'une voix amicale le vieux cri que vous savez : « Passent avant les meilleurs! » Puisse, un jour, la Champagne aUVancliic les présenter, lîère et souriante, à qui lui dira : — « Dis-moi ce que tu chantes, jeté dirai qui tu es. «—Bonnes Gens de Champagne, adieu !

Pbosper tardé.

Correspondant de l'Institut.

Reims, ce 1" Mars t86i.

CHANTS HISTORIQUES

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