HYMNE PATRIOTIQUE
Pour les jeunes républicains qui viennent réciter
^cs Droits (le riiommc à V école de la Raison.
Jadis nous étions des entants ;
Mais^ au temps où nous sommes, Les plus petits deviennent grands,
Les enfants sont des hommes.
La raison a tout abattu.
Préjugés, esclavage :
C'est maintenant à la vertu
D'afiermir son ouvrage.
Que nos droits chéris sont puissants
Sur un âge encor tendre !
Dans ces organes innocents
Qu'on aime à les entendre !
Leur Mentor de mille témoins
Obtient le doux suffrage ; Il se croit payé de ses soins
En voyant son ouvrage.
Ces Droits pour eux sont pleins d'appas ;
Jaloux de les apprendre, Ces jeunes élèves n'ont pas #
De peine à les comprendre.
Pour maîtresse ils ont la Raison
Simple dans son langage,
Et quand on goûte une leçon.
On a cœur à l'ouvrage.
Liberté, tes accents vainqueurs.
Gravés dans leur mémoire, Font éclore en ces jeunes cœurs
Le désir de la gloire.
Ils brûlent de nous imiter,
De montrer leur courage ; Les Droits qu'ils viennent réciter
Donnent cœur à l'ouvrage.
Poursuivez donc, jeunes Français,
Ce doux apprentiï-sage.
Brillez par de nouveaux succès ;
C'est un jeu pour votre âge.
On va bientôt vous couronner
Dans cet Aréopage.
Ge prix flatteur doit vous donner
Plus de cœur à l'ouvrage.
Un jour, libres et triomphants,
Goulant des jours prospères, Vous jouirez, heureux enfants,
Du travail de vos pères.
Mais, pour vous s'ils versent leur sang
Dans ces moments d'orage.
Pour eux vos cœurs reconnaissants
Béniront leur ouvrage.
Et vous, parents, en ce beau jour
Pour vous rempli de charmes, Ivres d'allégresse et d'amour,
Vour répandez des larmes. On aime dans un rejeton
A trouver son image;
Aujourd'hui, vous avez raison D'admirer votre ouvrage.
Cultivez bien ces tendres lleùrs.
L'espoir de la patrie.
KUes charment par leurs couleurs
Celte mère chérie.
Quand viendra la saison des fruits,
Vous aurez l'avantage D'offrir à ses yeux attendris
Et l'auteur et l'ouvrage.
Un jardinier aime à planter
Quand la terre est féconde :
Pourriez-vous donc vous arrêter,
Lorsque tout vous seconde ?
Vous reposer en beau chemin,
Ce serait grand dommage :
On doit, en bon républicain^
Avoir cœur à l'ouvrage (1).
(1) Journal des Jaeobint de Heims, a* du 24 Ventôse an H. Collection de M. Bris&uit.