LE RÉGIMENT DES ARDENNAISES
Allons, vite, ma chère amie^ Il nous faut partir bien vite Pour soutenir notre patrie.
Mon amant est bien ravi.
11 faut deux cent mille filles :
On fera choix des plus gentilles.
On veut de bonnes patriotes ; On ne veut pas de ces bigotes.
Car, si elles entendaient le canon, Elles courraient vite au sermon.
On a choisi pour gros-major.
Entre toutes ces jeunes filles, La tendre, la belle Eléonore :
Elle est douce et gentille ; Mais, pour notre capitaine.
Nous prendrons la belle Hélène.
Courons vite, ma chère amie, Nous mettre dans la compagnie.
Nous aurons des mousquetons, Des gibernes, aussi des sabres, Beaucoup de munitions Pour tuer les aristocrates Et aussi tous les émigrés Qui de la France se sont sauvés.
Ils seront guillotinés.
Nous aurons pour darineltos Babel, Suzclle et JeanncUe; Madelon jouera du basson ; Calhcrincltc jouera de la Irompetle ; Thérèse battra la grosse caisse.
Notre musique sera complète ; Nous marcherons à grands pas En chantant : — Ça ira, ça ira !
A revoir, papa, maman 1 Voilà le tambour qui m'appelle :
Puisque je suis sergent, Il faut que je fasse l'appel.
— Ecris-nous, ma chère enfant ; Envoie-nous de tes nouvelles.
Ton papa est réjoui Que tu défends la patrie.
Marie, ton sac est rempli :
Vole bien vite à la victoire !
J'y ai mis tous tes étuis.
Tes chemises et tes mouchoirs.
Tiens, voilà un bon jambon.
Pour quand tu feras halte en route ; Tu boiras dans ton flacon, Et tu crieras : — Vive la nation !
Nous n'avons pas d'engagement, Nous sommes toutes braves et volontaires; Nous quittons tous nos amants Jusqu'à la fin de la guerre; Et puis nous nous marierons.
Après avoir fait des conquêtes.
Avec de bons garçons.
Des citoyens de la nation (1).
(I) Ardenncs. — Collectiou de M. Nozot