‹ Romancero de Champagne (volume 3)Chapitre 47 sur 92 · COUPLETS · texte numérisé non relu

COUPLETS

Pour V inauguration de la pyramide élevée à Reims, sur la place Nationale, le iO Août, Van deuxième de la république française, une et indivisible.

(10 Août 1793.)

(Les trois premiers couplets sont chantés par les membres de la Société républicaine.)

Amis, de la plus noble audace Faisons éclater les transports ; La pyramide prend la place D'un des tyrans au rang des morts.

Hâtez-vous, bouillante jeunesse, De lui prodiguer votre encens, Et, dans notre vive allégresse, Remplissons l'air de nos accents.

L'alarme fut au camp des bonnets rouges, et ce rassemblement, dont l'esprit ne pouvait être que dangereux, fut dispersé.—Le 22 Germinal, Bizet, journaliste et poète, foudroya les jeunes culottes des couplets ci-dessus.— Quant à Chabot, on raconte qu'étant en tournée dans notre province, il fut reçu par un ancien professeur devenu maire. L'enfant de la vieille Université crut bien faire en haranguant le proconsul en latin ; il commença par ces mois : — Illustrissime Chabote. — Chacun se prit à rire. — Chabot voulut bien ne faire guillotiner personne.

C'est aux héros do la pairie Que s'élève ce monuinont, El c'est à leurs mânes chéries Que nous hrùlons un pur encens ; Que leurs noms dignes de mémoire Vivent toujours dans notre cœur, Et que les fastes de l'histoire Immortalisent leur valeur.

0 douce et brillante jeunesse.

Pour ton pays brûlant d'amour, Cesse tes larmes de tendresse, Et vole au combat tour-à-tour.

Sur toi que notre espoir se fonde ; Va, va, et sachent les tyrans Que de Capet dans l'autre monde Tu les mettras au même rang.

(Le couplet suivant est chanté par la jeunesse, dite : V Espérance de la pairie.)

Pour nous, aux cris de la patrie, Notre jeunesse prend vigueur, Ambitionnant la partie De nous montrer ses défenseurs; Et si, pour prix de notre vie.

Nos pères devenaient vainqueurs, On nous verrait tous à l'envie Concourir à ce vrai bonheur.

(Le couplet suivant est chanté par des citoyennes.)

Ici, d'une bouche brûlante.

Sur le pied de ce monument,

D'une flamme pure et constante Imprimons des baisers ardents.

Puissent les filles de mémoire, Dans le temple des vrais héros , Dresser un autel à la gloire Demies amis, de leur repos !

(Le couplet suivant est chanté par les mères portant dans une urne les noms des défenseurs morts pour la patrie.)

Cher objet de notre tendresse, Monument d'un sincère amour.

Toi, qui renfermes la richesse Des vrais idoles de nos jours.

Reçois de nos mains l'effigie Des âmes chères à nos cœurs :

Tu rendras encore la vie Aux mânes de nos défenseurs.

(Le couplet suivant est chanté par des militaires convalescents.)

Et nous, d'une si noble trace.

Vrais émules de ces héros.

Jurons d'exterminer la race Des tyrans et tous leurs suppôts :

Remplis d'un valeureux courage, Nos cicatrices, nos blessures Sont, à cette fête, l'hommage De nos impressions très-pures.

(Ici on chante en chœur.)

Jurons, pour terminer la fête, Amis, de ne plus faire qu'un;

De nos ennemis la défaite

Dépend de notre accord commun ;

Et l'indocile aristocrate,

Ne nous approchant qu'en tremblant,

N'ayant plus d'ergots à la patte,

Nous le men'rons tambour battant (1).

(t) A Reims, choz Pierrard, imprimeur, parvis Notr«- Dame — Collect. de M. BaiisAnT.

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