LES MUSCADINS A REIMS
Germinal an II (printemps de 1793).
A vous, Messieurs les muscadins.
Chevaliers d'iraportan€e, Petits bourgeois, petits faquins,
Tous pleins de suffisance ; Venez entendre ma chanson , Lafaridondaine, La faridondon ; Vous en serez tous réjouis,
Biribi, A la façon de Barbari, Mon ami !
Que j'aime à vous voir voltiger Autour des sans-culottes.
Et d'un sourire protéger Ces braves patriotes !
Certes^ vous prenez le bon ton, La faridondaiue, La faridondon.
D'en être protégés aussi, — Biribi, etc.
N'cles-vous pas bien fatigués
Des travaux de la guerre ?
Mignons soldats, héros musqués,
Troupe vive et légère.
Courage ! les lauriers naîtront, La faridondaine.
La fai'idondon, Et vous en serez tous fleuris, — Biribi, etc.
Lorsque nos valeureux soldats
Viendront, couverts de gloire,
Nous raconter de leurs combats
L'intéressante histoire^ Par contraste, nous leur ferons, La faridondaine, La faridondon.
De vos exploits le beau récit, — Biribi, etc.
Quand l'arbre de la liberté, Nous offrant un ombrage.
Appellera notre gaîté
Sous un riant feuillage, A la danse, des rigaudons, La faridondaine, La faridondon, Vous nous disputerez le prix, — Biribi, etc.
Muscadins, si cette chanson Vous paraît sans génie.
C'est que je n'ai pas d'Apollon
La sublime énergie.
Un sans-culotte à l'Hélicon, La faridondaine, La faridondon, N'est pas comme vous accueilli, — Biribi (1).
(I) Rvinensiana, Louis Paris, p. H 5. — Le nom de Muscadin fut inventé par le conventionnel Chabot, dont la tenue ne révélait rien moins que l'usage du musc. Les sans-culotles le donnaient à leurs adversaires. A Reims, les jeunes gens du parti royaliste, éncrgiquement résolus à faire une protestation sérieuse contre la Révolution, donnèrent uu bal où l'on n'était reçu qu'en ( adoncltes et en culoUe complète.