‹ Romancero de Champagne (volume 3)Chapitre 53 sur 92 · L'ANNIVERSAIRE DE LA MORT DU TYRAN · texte numérisé non relu

L'ANNIVERSAIRE DE LA MORT DU TYRAN

ou LA CAMPAGNK RÉPUBLICAINE.

Couplets chantés à Châlons-sur-Mame (le

2i Janvier il 94, style tsclave.)

(2 Pluviôse an II.)

Frères, voilà tout juste un an Que Capet, le dernier tyran.

Proscrit par les Français, Pour prix de ses forfaits.

Dansa la carmagnole

Au joli son ,

Au joli son, Dansa la carmagnole

Au joli son Du canon.

Rappelons les événements Qui sont passés depuis ce temps.

Voyons, ne cachons rien.

S'il faut pleurer ou bien Danser la carmagnole, etc.

Le plus lâche des scélérats, Dumouriez, veut que nos soldats Avec les Autrichiens, Les Hessois, les Prussiens, Dansent la carmagnole, etc.

Sa peine et ses pas sont perdus ;

Pour toute ressource il n'a plus Qu'à quitter le pays Ou venir à Paris Danser >la carmagnole^etc.

Près de Dunkerque les Anglais Viennent, comptant sur des succès.

Vous savez, mes amis, S'ils ont, dans ce pays, Dansé la carmagnole, etc.

Cobourg, la rage dans le cœur, Vers Maubeuge avance en vainqueur ; Mais trois fois dans son camp Il a très-lestement Dansé la carmagnole, etc.

Les Vendéens s'étaient flattés De rétablir la royauté ; Mais ils ont en maint lieu, En priant leur bon Dieu, Dansé la carmagnole, etc.

Les conspirateurs du Midi Nous parlaient d'un ton très-hardi :

Tout change en un moment ; Ils savent maintenant Danser la carmagnole, etc.

Kalkreuth, Brunswick et leurs suppôts Entrent chez nous fort à propos.

Pour venir à grand train Sur les rives du Rhin Danser la carmagnole, etc.

= De ça je conclus, mes amis.

— ur> —

One nous pouvons^ bien réjouis, Bras dessus^ bras dessous, En sautant comme des fous, Danser la carmagnole etc. (i).

(ly Par deux jeunes san^-culottes de ChAlons-Aur-Marnc. — Journal de» Jacobins de Reim», numéro du C VoiUôse an II. — Cal)inet de M. RnissAnT.

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LE RÉVEIL DES TONNERROIS, (Août 1794.)

Arrive^ bienfaisante Astrée, Reparais parmi les humains :

L'innocence tant opprimée Oubliera tous ses noirs chagrins.

A la terreur, à l'injustice, A tous les crimes, nous verrons Bientôt, sous ton règne propice.

De la paix succéder les dons.

Efface de notre langage Ces mots, affreux pour les Français, Et de terreur et de pillage :

Qu'ils ne reparaissent jamais !

Rends-nous nos mœurs saintes et douces De là dépend notre bonheur- Français, quittons ces airs farouches, Et rattachons-nous à l'honneur.

Déesse, sous les traits de Mailhe, Oui, c'est toi que nous possédons.

Son séjour dans notre muraille A déjà répandu tes dons.

Armé de ta juste balance, Accompagné de Némésis, Il a rassuré l'innocence.

Et les méchants seront punis (1).

(l)Tonnefre. —Collection de M. Le Maistbk. — Celte chanson est l'expression de la joie publique à la fin de la lerreur .

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