SUR LE RÉTABLISSEMENT DU CULTE CATHOLIQUE A REIMS
Allons, enfants de l'Eglise,
Le tourbillon est dissipé ;
La foi triomphe de sa crise^
L'espoir infernal est trompé.
De Lucifer les noires portes
(Le Rédempteur nous l'a promis),
Pour prévaloir sur ses amis
Ne seront jamais assez fortes.
Du Sauveur des humains suivons toujours la loi; Gardons, gardons de nos auteurs la morale et
[la foi.
Les chrétiens n'eurent pas la honte De voir flétrir la vérité D'une religion qui conjpte Dix-huit cents ans d'antiquité.
De l'iniquité le mensonge (Ainsi le prophète l'a dit), Tout confus et tout interdit, Sur elle-même se replonge. — Du Sauveur.
Non, jamais de notre défaite Nos frondeurs ne pourront s'enfler; Ils ne pourront, dans leur retraite, Qu'essayer de nous persifler.
Dernier effort, vaille que vaille,
Du fat au bout de son latin.
Et du fanfaron tout chagrin [ veur, etc.
De céder le champ de bataille. — Du Sau-
— Après la mort, dit l'incrédule.
Pour l'homme il n'est ni mal ni bien ; Il doit (car en lui l'âme est nulle).
N'espérer ni ne craindre rien.
Quelle plus affreuse maxime !
L'homme peut donc impunément, Pourvu que ce soit sourdement.
Se livrer à l'excès du crime. — Du Sauveur.
Aussi d'une telle doctrine On voit, tous les jours, les effets :
On vole, on brûle, on assassine.
On n'annonce que des forfaits ; Et pour comble, quand on s'ennuie D'éprouver les revers du sort, N'attendant rien après la mort, On s'ôte à soi-même la vie. — Du Sauveur.
La nouvelle philosophie. Si contradictoire à ce nom, En faisant de l'homme un impie, Le rend fat, libertin, fripon.
Car où conduit son catéchisme?
Au bien peut-il former les cœurs?
Rare est l'accord des bonnes mœurs Avec le matérialisme.— Du Sauveur, etc.
Quoi donc, tous ces anciens ouvrages Dignes de l'immortalité.
Ne seront que des verbiages.
Pour tromper la postérité !
Mais ces écrits qui nous honorent, Nos sophistes, les ont-ils lus?
Non, jamais ils ne les ont vus; Ils blasphémenli'te qu'ils ignorent. — Du
[ Sauveur, etc.
Ignorant les langues antiques.
S'ils lisaient de nos derniers temps Les ouvrages théologiques, Ils verraient leurs égarements; Et revenant de leur délire, Ils lèveraient les mains aux deux, Et, dans des sentiments pieux, [veur, etc. Ils se joindraientà nous pour dire. — DuSau-
Ni des anciens, ni des modernes, Sans avoirjamais rien appris.
Au faux brillant de leurs lanternes.
Ils veulent guider les esprits ; Mais qui sont donc ces chrysologues?
Où trouve-t-on ces docteurs?
Souvent chez les agioteurs :
Voilà nos nouveaux pédagogues. — Du
[ Sauveur, etc.
Chez nous n'attirons pas l'entrée De ces sectateurs de Pyrrhon, Qui, dans une coupe dorée, Viennent présenter leur poison ; Mais souffrons sans bruit, sans tumultes, Protestants, Turcs, Juifs ou payens; Ne voyons que des citoyens Dans la diversité des cultes. — Du Sauveur.
Pour le dogme et pour la pratique,
Sur tous les sentiments divers
Attendons qu'au grand jour s'explique
Le Souverain de l'univers.
Qu'au seul mot d'impie on frissonne ;
Mais, en fait de religion,
Chacun a son opinion ; [ veur, etc.
D'avance ne damnons personne. — Du Sau-
Grâces nous avons tous à rendre A ce chef qui, dans les combats, Pour l'Etat, est un Alexandre, En paix, pour le culte, un Esdras.
Dieu, donne-lui, dans ta clémence.
De longs jours parmi les mortels, Pour le soutien de tes autels Et pour le bonheur de la France.
Ah ! si le sort, un jour, le soumet à sa loi, Mourant auprès de nous, qu'il vive auprès de
[toi (1)!
(l) Collection de M. Bkissart.— AReims, chez Delaplace, imprimeur, rue de la Porte-aux Ferrons, 3.