‹ Romancero de Champagne (volume 3)Chapitre 63 sur 92 · LE CHANT DES PAYSANS DE CHAMPAGNE · texte numérisé non relu

LE CHANT DES PAYSANS DE CHAMPAGNE

En temps de paix, la faulx est douce, Elle est la sœur de la moisson ; Elle coupe le blé qui pousse, Elle est l'espoir de la maison ; Mais, pour nous. Gaulois que noussommes, Elle fait ce que nous voulons :

Faucheurs d'épis ou faucheurs d'hommes, Elle nous suit dans nos sillons.

A quoi bon la poudre et l'épée?...

L'ennemi vient, notre sang bout; La faulx est large et bien trempée.

Paysans de France, debout!

Le paysan aime la terre ; Dans son sein chaud il a tout mis :

Le grain fécond et qui prospère, Et le corps froid de ses amis ; C'est pourquoi, lorsque le sol crie Sous les talons des étrangers, La faulx en main, l'àme aguerrie, Je ne compte plus les dangers ! — A quoi.

Dieu nous a fait large mesure; Il nous a dit : — Sème et défends!...

Garde ton champ ^ans flétrissure, Intact l'honneur de tes enfants!... y

Les champs de blé sont en alarmes, Ce n'est pas au souffle du vent...

I^e&: ^mjailles, plejirent,: AuJi armes'.... Les sillons tremblent : En avant ! — A quoi

[bon, etc. (1).

{i) Les Volontaires de 18 fi, drame en cinq actes et quatorze tableaux, par M. Victor Skjouu, en vente à Paris, chez MM . Mi.cUt;^ Lévy frères. 18P2 . — Y . ^çins, le récit de la campagne de 1814, par M. Thiers, les exploits.des bonnes gens de Champagne.

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