LE CHANT DES PAYSANS DE CHAMPAGNE
En temps de paix, la faulx est douce, Elle est la sœur de la moisson ; Elle coupe le blé qui pousse, Elle est l'espoir de la maison ; Mais, pour nous. Gaulois que noussommes, Elle fait ce que nous voulons :
Faucheurs d'épis ou faucheurs d'hommes, Elle nous suit dans nos sillons.
A quoi bon la poudre et l'épée?...
L'ennemi vient, notre sang bout; La faulx est large et bien trempée.
Paysans de France, debout!
Le paysan aime la terre ; Dans son sein chaud il a tout mis :
Le grain fécond et qui prospère, Et le corps froid de ses amis ; C'est pourquoi, lorsque le sol crie Sous les talons des étrangers, La faulx en main, l'àme aguerrie, Je ne compte plus les dangers ! — A quoi.
Dieu nous a fait large mesure; Il nous a dit : — Sème et défends!...
Garde ton champ ^ans flétrissure, Intact l'honneur de tes enfants!... y
Les champs de blé sont en alarmes, Ce n'est pas au souffle du vent...
I^e&: ^mjailles, plejirent,: AuJi armes'.... Les sillons tremblent : En avant ! — A quoi
[bon, etc. (1).
{i) Les Volontaires de 18 fi, drame en cinq actes et quatorze tableaux, par M. Victor Skjouu, en vente à Paris, chez MM . Mi.cUt;^ Lévy frères. 18P2 . — Y . ^çins, le récit de la campagne de 1814, par M. Thiers, les exploits.des bonnes gens de Champagne.