‹ Romancero de Champagne (volume 3)Chapitre 73 sur 92 · CANTIQUE D'ADIEUX · texte numérisé non relu

CANTIQUE D'ADIEUX

Adressé à M. les Missionnaires par le chœur des dames de la cathédrale de Reims,

(55 Février 1821.)

A Messieurs les ecclésiastiques de la paroisse.

Pieux pasteurs, qui dirigez nos âmes, Non^ tant de soins ne seront plus perdus ; Du feu sacré nous ressentons les flammes, Et pour jamais nous vous sommes rendus. Ame fidelle, Entends leur voix !

Jamais rebelle, Garde les saintes loix.

A vos efforts d'autres efforts sublimes. Pour nous sauver, ont daigné concourir. Heureuse ligue ! A de tristes victimes Elle a dicté la voix du repenÙF.

Ame fidelle, etc.

A Messieurs les Missionnaires.

Eh ! quel est donc ce brillant assemblage, Ce beau faisceau de talens, de vertus ? Ils ont au cœur des martyrs le courage, Ils ont au front le signe des élus.

Ame fidelle, etc.

A leur aspect, j'ai vu pâlir le vice ;

L'avare a craint, l'orgueilleux s'est troublé ; D'un bras vengeur redoutant la justice, L'athée a fui, l'incrédule a tremblé.

Ame fidelle, etc.

Dieu trois fois saint, ta puissante parole A terrassé par eux ton ennemi; Devant leur sein, victorieux symbole, Règne la croix... l'enfer en a frémi ! Ame iidelle, etc.

Partez^ allez, une nouvelle gloire Va couronner des prodiges nouveaux ; Et, loin de vous, notre active mémoire Sourit d'avance à vos nobles travaux.

Ame fidelle, etc.

Religion ! toi seule tu réserves Un digne prix à leurs nombreux bienfaits, Et leur bonheur croîtra, si tu conserves Tous les chrétiens qu'en nos murs ils ont faits. Ame fidelle, etc.

Recevez donc, apôtres de notre âge, Le doux serment qu'à vos pieds nous faisons. Oui, nous jurons de garder l'héritage De vos vertus, de vos saintes leçons.

Ame fidelle, Entends leur voix !

Jamais rebelle.

Garde les saintes loix.

ADIEUX Chantés par lE' cîiœur des hommes.

I eliutl r

Et nous aijissi, par un pieux ^^ntKi^ue^

Nous vous taisons un aflligeantaciieu !

Puisqu'il le faut^ allez, troupe angélique, Allez gagner d'autres Français à Dieu.

Puisqu'il le faut, et le ciel le réclame. Portez ailleurs le clivin aliment :

En cet instant, ce qu'éprouve notre âme, Que notre voix l'exprime faiblement !

C'en est donc fait ! vous quittez cette terre. Ce champ fécond où vous avez semé ; Heureux du bien que vous avez pu faire, Heureux de voir votre œuvre consommé.

N'en doutez pas : le monde avec ses charmes A vos bienfaits voudra nous arracher...

Priez pour nous : de si puissantes armes Dans le péril sauront nous protéger.

Ils vont partir... que la reconnaissance A nos accens vienne joindre aujourd'hui Du sentiment la touchante éloquence.

D'un pur amour le juste et noble appui !

If)

Du souvenir les séduisans prodiges Vaincront pour nous la distance des lieux, Et nous devrons à de si doux prestiges D'être éloignés, jamais séparés d'eux!

A Messieurs les curés et vicaires de Notre-Dame.

Zélés pasteurs, ornemens de nos temples, Dont les désirs appelaient nos saints jours, A leurs leçons vos leçons, vos exemples Ont su prêter un généreux secours.

De ce concert efficace, unanime, Daigne le ciel vous accorder les fruits ! L'amour ardent qui pour Dieu nous anime , De vos efforts sera le digne prix (1).

Cl) Cette pièce , ainsi que la précédmXe, sont extraites d'une brochure ayant pour titre : Mission de Rheims , Janvier et Février 182t. — Lebàtard.

ÎOM —

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