STANCES
Stm LA RESTAURATJON DE LA MÉTROPOLE DE REIMS.
Oui, In vas recevoir, ville antique et fidèle. Ce don si i^lorieux que te gardait Ion roi. 0 ma chère patrie, une aurore nouvelle Luit aujourd'hui pour loi.
Hélas ! assez longtemps, grand Dieu ! la cité
[sainte A gémi sans espoir, veuve de son pasteur. Elle a langui, déserte, et dans sa vaste enceinte Plus de consolateur 1
Ne regrette donc plus ta gloire interrompue, Siège de saint Rémi, relevé pour toujours. A la voix de Louis, ta splendeur t'est rendue; Elle reprend son cours.
Nous nous rappelons tous avec reconnais-
[sance Les sublimes vertus de votre épiscopat, Pères de notre église : à votre vigilance Elle a dû sion éclat.
Je vois Nicaise, armé de la sainte parole,
S'avancer pour fléchir un farouche ennemi. Au saint de son peuple avec joie il s'immole, Et le Vandale a foi.
Sage dans les conseils, de Dien sublime , [oracle,
Malgré sa résistance au plus haut rang porté, Rémi donne aux Français l'inespéré miracle Du Sicambic dompté.
Grand homme, sa'nt pasteur, c'est à lui que
[son siège A dû tous ses honneurs, ses légitimes droits ; Reims, lu reçu;* de lui l'auguste privilège De voir sacrer nos rois.
Vivant, de nos aïeux il fut le tendre père, n fut leur protecteur au-delà du tombeau. 0 France, tu le sais, tu d(«i5 à sa prière Le Dieu-Donné nouveau.
,:«Ses nombreux successeurs ont marché sur ses
[traces ; Des peuples et des rois arbitres révérés, Par eux, de ces derniers les bienfaits et les
[grâce?
Nou- ^^lalent accordés.
Quel pontife honoré de la pourpre romaine De tant de monuments orne votre cité ? Reconnaissez, Rémois, de Charles de Lorraine La libéralité.
Le pauvre, dans vos mars, n'avait aucun asile, Ni le jeune chrétien qui se consacre à Dieu ; Le Tellier, plein d'un zèle à qui tout est facile,
Remplit ce double vœu.
Religion divine, ah ! quelle est ta puissance ? Heureux l'horame qui suit tes inspirations 1 C'est par toi qu'il acquiert la sublime science Des grandes actions.
C'est toi qui dans Milan nous fais voir Bonro-
[mée; Dans Marseille, Relsunce afîronlanl les horreurs D'un fléau dont chacune éprouve, désolée. Les mortelles rigueurs !
Oui, c'est encor toi seule, aux lieux que l'Ebre
[arrose.
Qui m'offris un évèque, en de funestes jours. Certain de sou trépas, prodiguant à Tortose Sa vie et ses secours.
Mais quoi ! ne dois-je pas à d'aussi beaux mo-
[dèles Ajouter Talleyrand qui sut les é^jaler? La mort nous l'a ravi, nos mémoires ûdèles Sauront le conserver.
Leur foi, leur piété, leur zèle, leur constance. Tous les temps , tous les lieux les trouvèrent
[en lui ;
Comme eux, cherchant le pauvre, il fut de l'in-
Le charitable appui. [digence
Combien de fois, hélas ! sur la rive étrangère. De Louisy de ThérèsCy ardent imitateur, Il fut de nos FVan<;ais expirant de misère
L'anno libcraleur !
— 'in —
Rémois, vous espériez, à son retour en
[France, Revoir votre pontife à vos vœux accordé ; A d'illustres désirs sa longue résistance Avec peine a cédé.
La distance des lieux^ de son amour extrême,^ Vain obstacle, jamais n'a pu nous séparer. Nous étions tout pour lui; sa volonté suprême A dû nous le prouver.
Déjà, depuis longtemps, fidèle à sa promesse, Il nous avaitfait choix d'un Talleyrand nouveau ; A ce noble héritier de toute sa tendresse Il lègue son anneau.
G?est Coucy... Près de nous il reçut la nais-
[sance De ces preux dont le nom a jeté tant d'éclat, Et parmi nous il a commencé dès l'enfance Un saint apostolat.
Ah ! qu'il ressemble bien à son heureux mo-
[déle !
L'âme de Talleyrand respire dans ses traits ; Nous l'attendons encore, et déjà de son zèle ^ Nous goûtons les bienfaits.
Le premier de ses dons passe notre espérance; Coucy du saint pontife obtient pour nous le
[cœur :
Reçois, peuple, reçois avec reconnaissance Cette insigne faveur.
Au-devant de Coucy volez, foule pieuse ! Allez lui témoigner un tendre empressement.
Je le vois s'allencirir... Son âme généreuse Bénira ce moment.
Ministres du Très-Haut, vous dont la vigilance Garda le feu sacré, le conserva pour nous, Celui dont votre amour devança la présence Vient au milieu de vous.
Répète nos transports, auguste basilique ! Tu vas revoir tes jours de fête et de bonheur ; Pour ne le perdre plus, sous ton noble portique Reçois l'oint du Seigneur (1).
(I) J.-L. GKASsiJcRB. — Collect. de M. l'abbé Gkrp.