LE SACRE DE CHARLES X
Viv' le roi ! viv' le roi !
Ce cri réveille L'oreille.
Viv' le roi ! viv' le roi !
C'est à sa santé que j' boi.
Viir de Reims, réjouis-toi D' la présence d' not' bon roi.
L' vingt-neuf Mai, sans plus tarder, Charles dix sera sacré. ~Viv'^ etc.
nous interdit d'examiner , se firent jour, et en 1834, on entendit dans les rues de Reims ces violents couplets :
Allons, fileurs, prenons courage , L'heure de la vengeance est arrivée.
Brisons les fers de l'esclavage
Auxquels on veut nous livrer
Rallions-nous, classe ouvrière , De l'honneur "suivons le sentier ; II faut briser les grands métiers , Réduisons-les tous en poussière.
Sur vos gardes, fileurs , Prenons de l'action ; Marchons , marchons , Plutôt la mort que la diminution !
Depuis dix années tout entières Que notre état s'est propagé, Hclas ! combien avons-nous souffert '■
Quand il célèbre un Bourbon, Un couplet est toujours bon ; La gaîté n'a plus de frein^ Quand on entend ce refrain. — Viv', etc.
1^6 buus drilles vont chanter,
Maiutciiaiit , iiii«; pouvons-nous manger i' il nous faudra manger des pierres.
(jMe cela Uiit malheureux !
Mourir, l'on serait plus heureux , Vivre en pareille misère.
Sur vos gardes, hleurs, etc., etc.
Il faut braver leur arrogance . '
Combattre pour nos intérêts ; Il faut braver leur insolence , A mourir soyons toujours prêts.
(Tcsl en mordant la poussière Que nous pourron.s redire encor :
Oui parmi nous craindra la mort , Pour le bonheur de leurs frères .■* Sur vos gardes, flleurs, etc., etc.
Nous l'avons vu, la fois dernière, Avec leurs compliments flatteurs ; Ils ont calmé la ville entière
En nous prêchant notre bonheur
Maintenant , voyant l'hiver, Ils s'assemblent pour nous punir ; Ils veulent nous anéantir.
Les voyez-vous lancer leur tonnerre .'.. [Les tarifs.)- Sur vos gardes, flleurs, etc., etc.
Tremblez, filateurs téméraires , L'ouvrier revendique ses droits.
Ils ont su braver la misère , Ils sauront respecter les lois....
Courbez vos fronts dans la poussière , Vils bourreaux de la liberté , Et craignez que l'égalité Ne vienne régner sur la terre.
Sur vos gardes, (ileurs, etc., etc.
Les fillettes vont sauter;
Les canons vont détonner,
Les buveurs vont entonner : — Viv', etc.
J' gag'rais tout c' que j'ai vaillant Qu'aux quatr' coins d' Reims maintenant. On chant'ra dans tous les rangs , Chez les p'titscomm' chez les grands : —
[ Viv' , etc.
Si j'étais maire ou préfet, Mon discours s'rait bientôt fait :
Au-d'vant d' Charles dix j'irais, Et toutbonn'mentj' lui dirais : — Viv'.
Tous les ans, à pareil jour, Animés d'un même amour, Le vicillar marmotera Et l'enfant bégayera : — Viv', etc.
Si nous avons vu souvent Nos grenadiers en avant^ C'est qu' ces brav's n'oubliaient pas D' chanter pour se mettre au pas : —
[ Viv' , etc.
Je croirai de bonne foi Que vous aimez not' bon roi, Qu' vous voulez l'honneur de tous, Quand vous chant'rez avec nous : —
[Viv', etc. (1).
(1 ) Reims.— Le sacre de Charles X fut chanté sur tous les tons etdans toutes les provinces ; pas un poète de valeur qui n'ait taillé sa pUimc à cette occasion : n'en exceptons pas M. J.- P. de Béranger, On a réuni dans un volume intitulé Cou-