‹ Romancero de Champagne (volume 3)Chapitre 78 sur 92 · ÏIES PORTRAITS DE FAMILLE · texte numérisé non relu

ÏIES PORTRAITS DE FAMILLE

Des rois dont son auguste enceinte (1) Vit bénir le sceptre et les droits, J'ai vu Reims, dans la fête sainte, Entourer le meilleur des rois.

Charles, autour de ton image.

Ainsi ces monarques fameux Semblaient unir à notre hommage Celui de tes nobles aïeux.

Ici, de son culte profane En abjurant la fausseté^ Du vrai Dieu devant un organe, Clovis inclina sa fierté.

Aux pieds de ce Dieu qu'il révère A son tour Charles vient prier; Devant le maître de la terre Il est fier de s'humilier.

Divin Louis, dont on adore

(1) OuRRY.— On sait que les portraits des rois les plus illustres, paimi ceux qui ont été couronnés à Reims, y avaient été placés dans la grande salle du banquet royal, avec celui de S. M. Charles X. On y distinguait surtout ceux de Clovis, Louis IX, Philippe de Valois. Charles V, Charles VU, Louis XII, François 1" et Louis XIV.

La frand^iîife et la piélé,

Un de tes descendans encore

A de ces vertus hérité.

Et, dans cette fête chérie.

Un roi juste et religieux

Do nouveau montre à ma patrie

Un prince ado'pté par les cieux.

Philippe (1), jadis à ton trône En soumettant le Dauphiné, A l'héritier de la couronne, Par toi le titre en fut donné.

La France adopte ce principe, Consacré par son souverain, Et bénit un autre Philippe (2) Pour le don d'un autre dauphin.

Voilà ce Charles, dit le Sage, Qui, dans nos climats, autrefois, Aux sciences sut rendre hommage Et dicter les plus justes lois.

Des noms, des faits la ressemblance Nous permet de dire, je crois, Que, par Charles dix, à la France Charles cinq est rendu deux fois.

Et toi, qu'une vierge immortelle, Sauvant VEtat par ses hauts faits, Fit, dans cette cité fidelle.

Couronner, malgré les Anglais, Charles sept, d'un sort plus prospère Notre Charles jouit en paix ;

(1) Philippe de Valois.

(2) Sccoud nom lie baptême de Charles X

Et^ pour lui» je vois l'Angleterre Qui s'unit aux vœux des Français.

Prince adoré, roi populaire, Louis douze, on sait que toujours De ton peuple tu fus le père, Tu rendis heureux tous ses jours.

Un même espoir à nos yeux brille, Quand Charles devient notre appui, Louis, et ta grande famille Retrouve son père aujourd'hui.

De l'héritier de ta couronne Sois fier aussi, François premier ; Et vois, de nouveau, sur ton trône Se placer un roi-chevalier.

Comme toi, ce prince qu'on aime Fut éprouvé par le malheur ; Loin de nous, Charles sut de même Conserver l'espoir et l'honneur.

De l'Europe longtemps arbitre.

Noble et généreux conquérant, Louis quatorze, à plus d'un titre.

Tu méritas le nom de Grand.

Mais ton partage dans l'histoire, Charles, sera-t-il moins flatteur ?

A Louis nous dûmes la gloire, Et nous te devrons le bonheur.

Avec regret si notre France, Parmi ces souverains chéris.

N'a pu, dans cette circonstance.

Placer le meilleur des Henris(i) ;

(l) Henri IV fut sacré à Chartres, Reims étant encore occupé par dos troupes ennemies.

Par une lieureuse ressemblance Un portrait au sien suppléra.

Henri quatre, de ton absence Charles dix nous consolera.

,/i.n"! îi;^

— %ÎS — VERS

Page 1