NE MEURT PAS BN FRANGE
—Le roi n'est jplus... Vive lé roi!
Ces mots retentissent encore ; Au monarque aimé, sans effroi, Succède un prince qu'on aâore.
La monarchie a coiiservé Ce vieil adage ^'espérance, Et Charles nous a bien prouvé Que Tè roi ne rheurt pas en France.
Français galant, preux chevalier, To\ijours brûlant de nobles ilammes, Jadis on vit François premier Tout à l'honneur et tout aux dames; Par Mars et l'Amour élevé, Partout il montra sa vaillance. ..
Français, Charles nous a prouvé Que le roi ne meurt pas en France.
Des Français connaissant la foi, Henri, s'éloignant de ses gardes.
Disait : — Entre mon peuple et moi Je ne veux point de hallebardes.
Ce bon roi s'était réservé Le droit d'adoucir la souffrance!...
Français, Charles nous a prouvé Que le roi ne meurt pas en France.
Louis le Grand, ce fils'de Mars^ Faisait jaillir du rang suprême, Sur la couronne des beaux-arts, Tout l'éclat de son diadème; Aux lettres était réservé Son noble appui pour récompense...
Français, Charles nous a prouvé Que le roi ne meurt pas en France.
Dans tous les temps, chez nous, le roi Donna l'exemple du courage :
Ivry, Bovines, Fontenoi Sont un glorieux héritage.
Et si jamais on menaçait Notre sol, notre indépendance, Français^ Charles nous prouverait Que le roi ne meurt pas en France (1).
(1) Merle et de CouRCY.— Nous avons dit qu'on avait édité un volume intitulé : Couronne poétique de Charles I, composé de poésies écrites en l'honneur du sacre : on eu ferait facilement au moins un second, en réunissant tout ce dont le premier ne dit mot. A voir cette explosion de refrains royalistes, on pourrait croire que la iiation entière n'avait plus qu'un Dieu, un roi, une loi ; il n'en n'était rien. Pendant que la chanson du sacre répétait tout haut et sur tous les tons : Vive le roi ! le libéralisme disait tout bas les chansons de M. J. -P. de Déranger. A l'époque dont nous nous occupons, il écrivit, entre autres, la chanson qui a pour titre : le Sacre de Charles le Simple. Chacun la sait. Chacun devine ce que nous pourrions lui répondre. La lutte entamée aux journées des 5 et 6 Octobre 1791 avait recommencé en 1815, pour finir en 1830, comme elle avait fini en 1792. M. J.-P. de Déranger était un des vainqueure.— Il survécut à la chute des Bourbons, à la chute des triomphateurs de 1830, à celle des héros de 1848. Il avait semé la révolution : il en fit belle récolte. Etait-ce là ce qu'il voulait ? Quand le poète fut parti de ce monde pour aller... il ne savait où, le vieux libéralisme, les preux de nos guerres civiles lui firent