LA MORT DE COLBERT
Ah çàl commère Isabiau, Lorgne moi ce petit tombeau Agencé sous une couleuvre.
C'est là qu'est ce futé manœuvre, Colbert, ce grand surintendant, Qui nous plumoit si finement.
Morguié ! disons luy une antienne, Pour que Guieu, par sa bonté, Le boute en lieu de sûreté ; Car j'ons bien peur qu'ine revienne (1).
(1) Le Tableau du gouvernement de MM. BidheUeu, Mazarin et Colbert > etc. — Cologne, Pierre Marteau, 1*94. — Parmi les poètes qui eurent le courage d'insulter la mémoire de Colbert, nous trouvons avec chagrin son compatriote Jean de la Fontaine. Son amitié pour Fouquet l 'égara.
MORT DE QOLBBRT.
On auroit sur nos vins augmenté les impôts,
Voyant la vendange si bonne ; Mais, par bonheur, l'ennemi du repos Est mort avant l'automne.
Ci git le père des impôts.
Dont qhactto a l'anw ravie.
Que Dieu lui donne le repos Qu'il nous ota pendant sa vie 1
Charon, voyant Colbert sur son rivage, Le prend, à ce qu'on dit, et le noyé aussitost, De peur qu'il ne mette un impôt Sur la barque et »ur le passage*
Ci git Jean Baptiste Colbert :
Au diable soit quiconque y perd (1)!
(t) On a fait un volume de poésies injurieuses composées -contre Colbert, Mazarin et Richelieu.— Cologne, P. Marteau. —Le peuple s'inquiétait peu des rivalités de cour, mais il ne pardonnait pas à notre compatriote les impôts qu'il fut obligé d'établir pour fonder la grandeur de la France et préparer son avenir commercial.
— Sf5 — LOUVOIS ET MAURICE.
Maurice disoit à Louvois :
— Mon frère, vous n'estes pas sage.
De quatre eafans, qtre je tous vois, Vous tfégHgea trop l'avantage.
Louvoià répond aréc soupira :
— Je sais tûGàètet mte désirs.
Barbezîeus réglera l'Est* ; Souvré remplacera Turenne ; L'abbé viàe au cardinalat ; Pour Cotfftenvaux,, j'en suis efc pehdë :
Il est sot et de mauvais air ; Nous n'en ferons qu'un duc et pafr(4).
(i) Charles- Maurice Le Tellier, archevêque de Reims dès 1671, amena sa famille à Louvois-lès-Reims.— Son frère, le célèbre pqnistrç, prit le nom de cette terre. Il avait quatre Es.— L'^n^j U-B.-M. Le Tellier de Barbesieux, ministre de la guerre, mourut en itot, âgé de treate~troi* «ns<-r-t«e Tellier de Souvré fut mestre de camp de cavalerie.— L'aMjé de Louvois, gjauid maître de 1* librakie, bàbUotbtôaire du roi» homme intelligent et dévoué à ses fonctions, ne cessa d'augmenter les collections à lui confiées. Il mourut en 1708, membre des trois académies.— Le Tellier de Couxteavaux fut maitre do la garde-robe du roi.— Louvois était insatiable» mais il protégeait les roturiers, les poussait aussi haut que possible, et menait durement les nobles incapables.— Il avait promis 20,000 livres à qui lui dénoncerait l'auteur des couplets ci-dessus. Un jour, il trouva sur son assiette ce distique :
Louvois, garde tes louis; J'estois seul quand je les fis.