LE SONNET DE LA DISETTE
Peuple, qui gémissez dans ce temps de disete, Venez: prier lé seul qui 'peut vous rendre heu-
[reux:
Jésus, dont vous suivez le triomphe pompeux, Vous sera favorable m cette auguste fête.
Ce Dieu toûiours rempli d'une bonté par- .'*•"•'"'•• • •»« [faite,
Pour mieux tous écouter descend du haut des
[cteux, Et soûs l'ombre du pain se présente à vos
tyeux. Expose^ Vos besoins, son assistance est prête:
Son cœur par vôtre voix se laissera toucher, Dé-ia de rue en rué il semble vous chercher, Et s'apreste à finir une misère extrême.
Venez doncdemander l'abondance en son nom ; Cet aimable Sauveur, qui se donne lui-même, Ne peut rien refuser après un si grand don (4).
(t) Troyes.— Collection de M. A. Socjju».— Ce sonnet était placé au-dessous d'un tableau représentant l'institution de la* fête du Saint-Sacrement, sur un reposoir, le jour de l'octave de la Fête-Dieu, et fut imprimé avec un Discours sur la misèrs dès pauvres causée par la cherté des bleds et Us moyens *de la faire cesser.— Troyes, J. Adenet» 1699*
LA MALTOTE.
Si j'avois cinq sols
J'achèterois un ane,
Un ane
Avec ses paniers,
Pour mener les maltôtiers Au diable,
Au diable {i).
(t) Epernay. — Collection do M. Louis. «— A la fin du règne de Louis XIV, le peuple était écrasé d'impôts et, comme toujours, il se consolait en chantant. Mais le régime de la chanson joyeuse n'avait plus guère que quatre-vingts ans à vivre. Le protestantisme engendrait alors la philosophie, laquelle devait engendrer la Révolution , laquelle engendra la MartriUaise, laquelle mena les gens, non pas au diable, mais à la guillotine , ce qui , dans ce monde, est moins gai.
MALBROUG VJUTJSIÏ CHAMPAGNE.
Halbroug part d'Angleterre j Va partout ççtiQme un, tonnerre,
Pon pon pon, pata pâte pan.; S'en vante, avant i§ partir, Qu'en May pr endroit Sarlouis ; Mais il aura fort affaire,
Pan/ pan pan, pata pata pan.
H dit en quittant ht reine :
44fc vsUs fcreitfréMatz erxhoxmw f — Pon, etc,
Thianvillôy Rodamag, Loagwy,
CfcalM*, Luxemboiiiç aussi, Et cela dans six semaines, — Pon, etc.
Retournant vers la Hollande, Stenay, Sedan veux prendre, — Pon, etc.
Bouillon, Mouzon, Montmédy
Sans canon me sont acquis.
Mézières n'osera m'attendre, — Pon, etc.
Rocroy, à mon arrivée, Est à moi, chose asseurée, — Pon, etc.
Couvet et Marienbourg
Seront à moy le même jour, .Lorsqu'ils verront mon armée, — Pon, etc.