LA CHANSON CATHOLIQUE DU MASSACRE DE VASSY
Honneur et salut à Dieu Et au roy nostre sire , Qui nous a en ce bas lieu Si bien- gardez de Tire
Des huguenaux
Remplis de meaux Qui noua vouloyent occire.
Un jour viendra
Qu'on les fera Trestous crever de rire.
Nous avons un bon seigneur En ce pays de France, Et prince de grand honneur, Vaillant par excellence/
Et très humain
Doux et bénin :
C'est le bon duc de Guise
Qui,àVassy, .
• Par sa mercy,.
A défendu l'Eglise.
Le premier jour du moy's de Mars, Qui estoit le dimanche, Les huguenaux de toutes parts Se mirent en une grange
Pour y prescher
De manger chair Quatre-terops et caresmes,
Et du lard gras,
Comme des rate»
Quand ils se trouvent à raesmes,
Ainsi qu'à la messe estoit Le bon prince de Guise, Que le prestre se vestoit Pour chanter à l'église,
Les huguenaux,
Infaits crapaux, S'en vont sonner la preiche
Qui en ce lieu
Service de Dieu Et saincte Eglise empesche.
Monsieur de Guise parla Et dit aux gentils hommes : — Allez vous en jusque la !
Et, leur dit» en somme»
Qu'ils ayeat un peu,
Dedans ce lieu »
Un peu de patience».
Pour rendre à Dieu
Grâce et honneur Et aussi révérance.
Mais ces huguenaux mauldits Ont fait tout le contraire ; Ont respondu par leuto dits Qu'ils n'en avoyent que faire.
Ils ont frappé Et molesté Ces nobles personnages ; ,.
De leurs canons, De leurs bâtons, Ils leur ont fait outragé.
Monsieur de Guise y alla En grande diligence, Qui de tous ces méchants la A bien prins la vengence.
Il a tué La plupart de leur bande,
Et les laquets
Par leur conquests Ont montré chose grande.
Prions à Dieu de paradis Qui nous donne la grâce Que nous soyons en lui unis , En despit de leur ratie ,
Qu'au ciel très hâult,
Sans nul défàult, Soyons avec les anges;
Que nostre esprit
A Jhésu Christ Toujours tende louange (1) !
(X) Recueil de chansons de Chrittofle de Bourdeauv, Paris, Bertheliir. —Le 1* Mars 1 562 1 lé doc de tiuUe, mandé par les catholiques inquiets des menées des : protestants, partit de Joinville avec sa suite.— A Vassy» on entendit dans une. grange les chants des calvinistes : quelques valets entrouvrirent la porte.— De là des injures, puis des coups. Le duc de Guise se hâta d'aller séparer les combattants : son intervention fut méconnue, et il fut blessé. Dès lors la mél£a devint sérieuse. La chaire du ministre protestant fut brisée, et rassemblée dés réformés dispersée ; plusieurs d'entré eux furent blessés, d'autres tués. Les cal vinisties portèrent leutt plaintes à la cour, qui se trouvait au château de Monceau*