‹ Romancero de ChampagneChapitre 27 sur 131 · SONNET A LA DUCHESSE DE BOUILLON · texte numérisé non relu

SONNET A LA DUCHESSE DE BOUILLON

En ce temps turbulent, où chacun est en

[armes, Nostre père yers vous s'est venu retirer, Ne pouvant à Paris seurement demeurer, Ce que nous ne saurions vous raconter sans

[larmes,

Prévenant en ce faict les furieux alarmes Qui aysément pourroat nostre France altérer : Mais, puisqu'on tre vos bras nous pouvons

[ respirer, Nous mettons sous vos pieds ces belliqueux

[vacarmes.

Il y a bien un poinct que nous prions à

[Dieu, Qu'ainsy qu'en seureté nous sommes en ce lieu, Vos parens et amys soient exempts de l'orage

Qu'on void nous menasser, et que l'heureuse Appaisant du mutin populaire la rage, [ paix, Unisse les François en concorde à jamais (1).

(1) Bib. Nat., fonds Gaignières. — Collect. Rassb bb Noeux, t. IV, p. 144. — Ces vers, signés par François et Théodobb, sont adressés à Françoise de Bourbon-Montpensier, femme de Henri-Robert de la Mark, duc de Bouillon, HMÛViniste et prince éclairé, mort en 1574. — Elle-même quitta ce monde en 1587. — Sedan fut l'asile des protestants : ils y trouvèrent protection dans toute la crise qu'ils ^eurent à traverser avant et après la Saint-Barthélémy.

SONNET CONTRE CHARLES ftE LORRAINE,

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De fer, de feu, dô aaag, Mars, Vulcan, Tisy-

[ phone, Bastit, forgea, remplit l'ame, le cœur, la main Du meurtrier, embraseur, du tyran inhumain, Qui tue, brusle, perd la françoise couronne.

D'un Scythe, d'un Cyclope et d'yn fier Les-

[trygone La cruauté, l'ardeur et la sanglante faijn Qui l'anime, l'eschauffe et conduit $pn dessein, Rien que fer, rien que feu, rien que sang ne

[ résonne.

Puisse-t-il par le fer cruellement mourir, Ou par le feu du ciel horriblement périr, Et voir du sang des siens la terre estre arrousée !

Et soit rouillé, estaint et séefcé p» la paix, Le fer, le feu, le sang eraél, ardart, esrpais, Qui tue, ard et rougit la France dissipée (1)!

(1) La Légende dv cardinal Charles de Lorraine . — fleims, J. Martin, 1576, fol. iJ4-— Ce violent ?pnnet fut publié à l'occasion de la guerre civile de 15T0.— On accusait le cardinal de fomenter la division des paitfr, pour les miner les uns par les autres et perpétuer son pouvoir.— Cette chanson ne fat imprimée à Reims que deux ans après la mort du cardinal, qui mourut la 4* f)éc«flbr# 1#U.

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