‹ Romancero de ChampagneChapitre 26 sur 131 · LE DIEU GUARD DE NAVIÈRES · texte numérisé non relu

LE DIEU GUARD DE NAVIÈRES

k l'imprimerie sedapoiss,

ou l'établissement de V imprimerie à Sedan.

Bien venue tu sois, gentille imprimerie (1) ! Au milieu de Sedan bien venue sois tu I De chacun noble esprit tu sois la bien chérie, Malgré l'ignorant sot et le grossier testa.

Car, gentille, tu fais renommer la vertu Des roys et des autheurs jusques en l'Italie, Voire bien jusqu'en l'Inde, où point on ne

[l'oublie, Estant gravé au cœur ce que tu fais savoir.

Hé! noble invention, tu sois tousjours jolie, Puisque à chacun fait tant de bien avoir.

Bien donc sois tu receue en ceste seigneurie ! Bien receue sois tu de tout cœur généreux!

Quiconque t'inventa, gentille imprimerie, Fut un céleste esprit : et certe il fut heureux.

(!) BIbl. Nat. , fond» Gaignières.— Gollect. Rasss di Nom.- Nous devons Hadication de cette jolie pièce * M. Louis Paris.— Ce texte nous donne la date de rétablissement de l'imprimerie à Sedan : les presses de Goswin Goeberi furent aux ocdres des calvinistes.— Apres lui, Jean Jeannon, imprimeur sous Henri IV et Louis XIII, se servit d'un caractère connu dans le vieux monde typographique sou*. Je nt>m ; dftcaraçtèra s*4onai$.~ Comme type de qeO* invention f nous- citerons la Bible de 1 et* *

Voir mesme cet heureux, le prince valeureux (1) Qui, par sa bienveillance, à luy fort coustu- [mière, Maintenant t'introduit en sa ville première.

Hé! vrajroentil verra, avant que guèrcs soit, De luy et ses ayeulx maints actes en lu- [raière (2), Puisque tellement, gentille, il te reçoit.

Gentille imprimerie, en tel jour que fu [né (3) (Vingt et deux ans y a), mon salut t'est donné. Or, comme je requiers que ta sois bien venue, Àussy pareillement, sans nulle obscure nue, Cejourdhuy le soleil, resplendissant et beau, Puisse monstrer bien clairs les ■ rays de son . , [flambeau,

Qui le jour faict joyeux I Et vous, jeunesse, [encore Que par mille souhaits d'heure on le décore, En désirant qu'ainsi il retourne tousjours I Que la vigne, ja meure, en ces automnaux jours, Rende, forte liqueur, qui trouble la cervelle. Du vieil père Noé par sa vertu nouvelle I , .

(I) Il s'agit de Henri-Robert de la Mark, fils de Robert IV, maréchal de France. Il épousa, vert 1558, Françoise de 11 mourut en 15T*. Attaché par sou i maison de Bourbon, il était calvi- :gne que Sedan devint un des premiers ne : c'était, d'ailleurs, un prince ami

(1) MossaigiwM» de Bouillon.— iflEM <U i'auMvr.

(S) Nolrearoi Charles de Navières, officier de la maison d* due de Bouillon et serviteur dévoué du Béarnais, nous donne ici la date de sa naissance : n Septembre 15*3.

Que le bon laboureur travaille heureusement, Afin d'avoir des grains plus plantureusement Qu'en ce stérile esté, auquel la troupe vaine Contraincte est de manger delà pailleuse aveine, Et que, si nostre prince est prest de partir

[tost(l), Plein de prospérité, il revienne tantost.

Page 1