DU CARDINAL-ARCHEVÊQUE DE REIMS
cruauté! fallait il que la France- (1> Goustast encor tes traicts trop inhumains î Faut-il, hélas! que je sois en souffrance Par toy, cruel, qui souille au sang tes mains t Tu prens plaisir à occir mes enfans, Dont j'ay au cœur mille souspirs cuisans.
Las 1. falloit-il ma caduque vieillesse Combler de pleurs, au lieu de réconfort.
Par tôy, Henry, qui me mets en détresse, Ayant occis de France le support?
Si la perte n'estoit qu'à mon endroit,' " Avec le temps le mal se passerait.
(i) Collection de M. A. Vmhaot.— Leroux de Lincy, t. IL p. 444.— V. Sommaire dé toutes les chansoms, etc.— Paris, Bonfons, 1588.— Ces invectives contre Henri III paraissent récitées par Anne d'Esté, petite-fille de Louis XII, veuve, de François de Lorraine» duc de Guise, mère des deux victimes du coup d'état de Blois.— Après la mort de ses enfants, elle habita souvent Reims.
Mais, sous ta foy , tu as surprins au piège Mes deux enfans, qui à mal ne pensoient, Et as osé commettre jsa^rttégp Par trahison aux saincts prestres sacrez.
quelle foy d'un t^ï*an apostat Qui faisqHlwrt, Je tf pijx, le jflp^flrt*
l Tri aïs couvert 'ta 'trahison matidiétë * ; ' ;: D'un feint sembkiitj convoquant des estats, Disant yovlq jr mettra au . pays police Et mettre fin aux guerres ' et débats ; ' ' ' w Mais, ô cruel ! tu y as bien ouvert, Monstrant ton cœur de cruauté couvert.
Je ne peux mieux acomparer ta vie Qu'à celte là de ce cruel Nêroa : .;../?•?
Semblable à tpy, il estait plem d'envie, < De crnaatâ» rancune et (rahisôa, : '-:;.•-."• Il feit mourir samâresam meroy-:. : •? ■ " Et toy , tyran» tu en veux faire ainsi.
Tu veux'occir nostre mère l'Eglise, Faisant nwujir sp» soust^q et appuy, . .
Afin qu'après l'hérétique maîtrisa, • . € . , . / C'e^ttpR (tessçin, on lç vwd aujovnl'tyù *> Aux Huguenots tu ftps plus de faveiysi Qu'aux g^sde bien^grand PieusejrvitfWPs.
Dedans Rouen, pour palier ta rage, Feis un édict très catholique et sainct, D^want ta foy au saint clergé* pour gage, * Semblant ton easat environné et ceitft * - * D'un bon vouloir humain et cordigh Mais on le void cruel et desloyal-
Si mes enfans t'avoient commis offence,
On au pays fait faute og . .trahison , tiiti N'y a il pas dea mayeschfm* a» .Fraoçe,, Et du conseil pour eu taire rçû&on7 l(1 \ N'y a il pas des «ours 4e piflc&pn}* ., Pour à; chacun dwjyoér *r»y iugeo^niÇ?. , , :i
Tu dis pour tout qu'ils vouloient la cou- EtlepayspaHa force usurper:; j{.To«ne Hélas! cruel, {Testée que te/blasoUhtf^ ' ' Va d'Espenion, ion • dj^e fWnlW^ Car on sçait bienqufe leur bieaîils oui mis, \ N'espargnant rien, deffendartt ton pays. •
Sans eux, cruel, tu n'eusses la couronne Dessus le chef : elle fust à l'estranger.
Ils t'ont esté quérir jusqu'en Poulongnc, Te conduisant à Rheims pour te sacrer :
Tu as tué celuy qui t'a sacré !
Est ce pas là une grande cruauté (1)?
Pour mettre fin à ma dure complainte, A jointes mains je prie le Tout Puissant Que tes sujets, d'une révolte saincte, Soient contre toy jour et nuit combattant, Pour recevoir la tribulacion De tes grands maux et de ta trahison.
Je prie à Dieu ayder aux catholiques
(1) L'auteur se trompe : Henri III fut sacré par le cardinal Louis de Lorraine, évéquedo Metz, frère du cardinal Charles, homme paisible, étranger aux intrigues de son temps, et ne se mêlant, dit L'Etoile, que des affaires de sa cuisine.— Le cardinal de Guise, tué à Blois, n'avait que dix-huit ans à la mort de son oncle Charles : il ne prit possession de son siège qu'en 1583.
Qui sont aux champs pour venger ton forfait, Chasser aussi dehors tous politiques (1), Qui t'ont suivi, approuvant ton souhait, Afin qu'en paix nous puissions Dieu louer Et son sainct nom partout glorifier I
(1) Les politiques étaient les légitimistes du temps : ils soutenaient Henri III contre la révolution ; on voyait parmi eu des catholiques et des réformés. Après la mort du dernier Valois, ils proclamèrent Henri IV. Le parti de* politiques était celai des hommes de bon sens, celai dç?>ttai& patriotes, le parti national*
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