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qu'y perdre, et sur noire sol fut semée l'ivraie que nous ne verrons que trop tôt germer et fleurir.
Au milieu de ces querelles, un sage ministre avait uni Louis XV à la fille d'un prince malheureux, à la fille du bienfaisant Stanislas, à la belle et bonne reine Marie : alliance popukife qui rapprochait deux nations de braves, qui rendait à la Pologne l'honneur fait par elle aux petits-fils de saint Louis , en leur donnant deux fois sa couronne ; heureuse alliance qui devait, un jour, nous remettre la Lorraine sans combat ; alliance saluée par mille Gris de joie, entourée des vœux les plus sincères, riche des espérances de bonheur les plus vives ; alliance féconde en princes, dont cependant, aujourd'hui, le dernier, le seul qui puisse dire : A moi la couronne de lis, est, comme son aïeul, errant sur la terre étrangère. Mais n'anticipons pas sur la chanson de l'histoire.
Marie Lecksinska pass& par ChaJons-sur-sfarne : elle reçut l'accueil le plus gracieux. La Chanson joyeuse, la Chanson nuptiale, fut à sa rencontre, et partout, dans notreprovince, on répéta s
Jamais les flambeaux sVas amours
N'ont éclairé de si beaux jours.
Ces époux couronnés, délices de la terre, De taira commenflasnmés confondent las plaisirs :
Déjà Tunes Pauls* hémisphère S'intéressa à l'hymen .otûaomble leu«s désirs. Que] estâftnéfiet bpman # C'est la source féconde
Qw doit predais* des héros.
Don* le fit» grand étal du monde
Attend la gloire et le repos.
Que notre zèle se déployé
Pour <$ét>w 4* si doux nœux !
Dans les plaisirs et par les feux
Faisons éclater notre joye l
Jamais les flambeaux des amours
N'ont éclairé d'aussi beaux jours (1).
Partout s'allumèrent des feux de joie, partout on dansait en chantant ce refrain, alors cri spontané du peuple :
Louis, des rois le plus aimable, Doit être aussi le plus aimé (*).
(t-2) Archives de Reims et de Chàlons-sur-Marne-.
Et la nation, dans les douceurs d'un règne alors glorieux et pacifique, se reposait des secousses du grand règne. La Champagne travaillait à l'agriculture, à l'industrie ; elle demandait l'aisance que Law, l'homme aux idées audacieuses, avait octroyée généreusement aux laquais de Paris, aux dépens des gens crédules. Trente ans de paix, en France, c'était beaucoup, même dans ce temps-là. La guerre finit par éclater, et Louis XV eut bientôt l'honneur de battre en personne les armées de l'Angleterre, honneur le plus grand qui puisse advenir à un roi de France. Sa maladie à Meti fit éclater par toute la Champagne les inquiétudes les plus affectueuses et les plus sincères; son retour au milieu de nos cités fut un triomphe véritable. Dans nos églises on chantait avec enthousiasme le Dominé, salvum foc regem ; sur nos places publiques, avec la joie la plus expansive, on redisait :
Louis, des rois le plus aimable, Doit être aussi le plus aimé.
Là, Bonnes Gens, finit le quatrième volume de votre Romancero ; là s'arrêtent les chants de concorde, les seuls qui, depuis cent cinquante ans, se fissent entendre en France. Peut-être ferions-nous bien de nous y arrêter. Mais qui notre silence tromperait-il ? L'Histoire a parlé , que le Vaudeville lui réponde ! Aux idées nouvelles, leurs refrains ; à la philosophie , ses rondes. Au peuple assez fou pour croire que la liberté, c'est le droit de violer les lois , assez niais pour s'imaginer que les révolutions donnent la dignité, Tordre et le bonheur, encore une leçon, encore des chansons.
Prospeb TABBÉ, Corrtêpondant de V Institut.
Reims, ce 21 Janvier 1864.
CHANTS HISTORIQUES
LE ROMANCERO DE flWitK