RE PEUT ÊTRE SACRÉ ROI DE FRANGE
(1588 ou 1589.)
Le roy esleu de Dieu est son vivant ymage (1), Quand il réduit en Dieu tout son auctorité :
Qui desdaigne tel roy ne craint la Déité, D'autant qu'en un tel roy on voit de Dieu l'ou-
[vrage.
Dieu donne au peuple un roy afin qu'il le
[soulage Et que de l'hérétique il ne soit pas dompté, ij'il permect un tyrant, c'est pour l'iniquité ; Vais, violant sa foy, on ne luy doibt hommage.
Or, comme sans un Dieu une Eglise n'est
[ point, Sans une Eglise aussi un roy ne peut estre oinct. L'Eglise est d'un royaulme et l'ame et l'asseu-
[ rance :
(I) Hymne de la sainte ligue des catholiques* — Paris, D. Millot, sans date ni nom d'auteur. — Ces vers furent composés par un ligueur, après la mort du duc d'Alençon, alors qu'Henri de Navarre, le plus proche parent des Valois, était proclamé héritier de la couronne par Henri III, chassé de Paris et réfugié à Saint-Cioud. — 1588-1589. — On voit dans ces vers le germe des principes qui privèrent la ville de Reims de l'honneur de voir Henri IV sacré dans ses murs.
C'est pourquoy serviteurs de l'Eglise et do roy Désirent un roy joinct à l'Eglise par foy, Car, sans l'Eglise, un roy ne peut avoir puis-
/ (sance.
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