‹ Romancero de ChampagneChapitre 54 sur 131 · CARDINAL, ARCHEVÊQUE DE SENS, PUIS DE REIMS · texte numérisé non relu

CARDINAL, ARCHEVÊQUE DE SENS, PUIS DE REIMS

Etant solliciteur, il eut tant de pratique Qu'il en fut conseiller, puis évêque hérétique Il devint tost après archevesque de Sens ; Enfin, fait cardinal, il a perdu le sens.

Son éloquence il n'a pu faire voir Faute d'un livre où est tout son savoir.

Seigneurs Estats, excusez le bonhomme :

11 a laissé son calepin à Rome.

Les. frères ignorans ont eu grande raison De vous faire leur chef, Monsieur l'illustrissime; Car ceux qui ont ouy vostre belle oraison, Vous ont bien reconnu pour ignorantissime.

Icy git, comme on dit, de guerre le flambeau.

Passant, n'approche pas trop près de ce tom-

[beau,

Que tu ne sois espris du feu qui tout consume.

Un flambeau mal éteint bien souvent se ral-

[lume.

Une fois il fit bien : ce fut à son trespas . Le bon Dieu lui pardoint ! car il n'y pensoit

. [pas{l).

(t) Nicolas de Pellevé, né en lois, homme d'affaires du cardinal de Lorraine, devint tour-à-tour conseiller 4u roi an parlement etévèque d'Amiens.. — En 1662, député par le clergé français au concile de Trente, il trahit les intérêts de l'Eglise gallicane, qu'il s'était précisément chargé de défendre, pour obtenir le chapeau de cardinal. La cour de Rome le lui donna, quoiqu'elle eût condamné quelques-unes de ses thèses. — Il trahit ensuite la cause royale pour se jeter à corps perdu dans le parti de la Ligue. De l'archevêché de Sens, les ligueurs l'appelèrent à celui de Reims. Ge fut sous son archiépiscopat que les Rémois refusèrent le sacre au meilleur de nos rois. M. de Pellevé, que les royalistes n'ont jamais reconnu comme archevêque de Reims, mourut de rage en apprenant l'entrée du Béarnais à Paris. — Le pauvre homme ! — Il fut enterré dans la cathédrale de Reims, aux pieds du cardinal de Lorraine, derrière le maitre-autel.— Le premier couplet raconte sa vie;— les deux suivants, extraits de la Satyre Ménippée,nou& le représentent aux Etats généraux tenus à Paris par la Ligue. — U avait fait un discours sur la conversion de saint Paul, dont la fête revenait le 25 Janvier, jour auquel devait avoir lieu la procession des Etats de Paris. — Une indisposition du duc de. Mayenne fît remettre la cérémonie au lendemain, fête de saint Pôlycarpe. De Thou raconte que M. de Pellevé fit des efforts ridicules pour appliquer à cette fête le sermon qu'il avait préparé pour la veille : de là ces deux épigrammes.— Du reste, il ne fut pas l'homme de l'Espagnol : son cœur était tout aux Lorrains, ses patrons.

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