‹ Romancero de ChampagneChapitre 62 sur 131 · LA CHANSON DE LA LIGUE A REIMS · texte numérisé non relu

LA CHANSON DE LA LIGUE A REIMS

mon pays doux, Je meurs loin de vous !

Il nie faut retirer Au pays delaLigu* Avec toute bride :

Je suis pourchassé (1).

(l) Bibl. de Reims. —Manuscrit latin de Dom Marlot,— François Angier, auteur.— Pour commenter cette chanson, il faudrait un volume; nous n'avons qu'une note à luîdou ner. — Le cardinal de Lorraine avait pria de sages et énergiques mesures pour arrêter dans Reims les progrès de l'hérésie. La population, irritée des sacrilèges commis par les calvinistes, le secondait. Les réformes, qui menaçaient de l'assassinercommeson frère, furent bannis. Le cardinal de Guise, successeur de son oncle; continua la lutte dues thoticisme contre le schisme. Tout était pour le mieux, quand, en 158*, la mort du duo. d'Anjou fit- entrevoir au dnc de Guise la possibilité d'arriver au trône idelàJaSainte- Union, c'est-à-dire la Ligue. La ville. de Reims, reconnaissante des bienfaits de la maison de Lorraine; t'adopta .bientôt a?w nn enthousiasme irréfléchi. Le cardinal de Guis* entraîna dant le complot de son frère une partie de son chapitre, les obligés de sa famille, et surtout les ( intrigants, les gens qui veulent pi Survint alors le cous d'étal de Bl< grande : les uns comprirent le Lui rent de la Saints-Union ; les autr de frénésie que jamais dans le coi réelle d'avoir un roi sebismatique

son de Guise, soit pour gagner le . ...

prétendant du chef de sa femme.— La lutte commença : le

Moy vêtu de gris , En soin me suis mis, Le bâton au poing , Quittant ma maison, Pauvre Ganelon, Tel que je le suis (1).

D'un bon chevalier Faut m'accompagner Qui soit long vêtu D'une grande robe :

chapitre de Reims excommunia les royalistes et déclara le trône vacant. À sa tète était son doyen, Pierre Frizon, hypocrite qui cachait sous une grande exaltation religieuse une ambition démesurée. Henri III est assassiné : Reims proclame le duc de Mayenne lieutenant général de l'Etat et couronne de France.— On jette les royalistes en prison, on confisque leurs biens, et Frizon met le chapitre en demeure de le proclamer archevêque.— Enfin la Ligue donne le siège de saint Rémi à son boute-feu, Nicolas de Pellevé.— Cependant Henri IV s'est converti : mais les Rémois lui ont aveuglément refusé les portes de leur ville, et il s'est fait sacrer à Chartres. Les royalistes, un peu tard, reprennent courage : le peuple commence à se lasser du rôle de dupe. Les ligueurs nomment lieutenant des habitants Pi 11 ois, qui laisse entrer en ville 2,000 Espagnols. La terreur recommence : on emprisonne de rechef les vrais patriotes. Le maréchal de Saint- Paul, gouverneur de la place, enfin songe à traiter avec le roi. Le jeune duc de Guise le tue et négocie à son profit avec le Béarnais la reddition de la ville. On achète, moyennant finance, le départ des Espagnols. Le château-fort des archevêques, où la Ligue s'était maintenue, est démoli. Le drapeau des fleurs-de-lis, le drapeau de la concorde flotte sur nos remparts.— Telle fut en deux mots, à Reims, l'histoire de la Ligue : cette chahson en est la Satyre Ménippée.

(i) Ganelon est le traître de Roncevaux. — Ce couplet peut contenir un jeu de mots : un deâ lieutenants des habitants pendant la Ligue se nommait Souin.

Si on luy dérobe, On verra son e...

Et toy, qui pillôis Pendant qu'on mouroit, Avec tes grands pieds, Portant la lanterne, Montrant la caverne De nos prisonniers.

Et toy, lieutenant Rousselet, devant (t> H faut détaler.

Un pauvre Troyen Ne deroandoit rien, Tu Tas fait fouetter.

Le président Rainssant (2) Va mignonement Sur le bout du pied :

Qu'il tire la langue À une potence D'un grand demi pied r

Porteur d'eau bénite, Où est ta marmite?

Elle est renversée ; Mais l'abbé Frizon (S) r Ce bon marmiton,

(!) François Rousselet, élu lieutenant après la mort de Saint-Paul, avait obtenu de la Ligue, une prébende pour son fils. — C'est lui qui livra la ville au jeune duc de Guise.

(») Il avait été procureur de la ville.

(3) Le prétendant à l'archevêché.

Ta la redresser.

Le beau perroquet; Qui ne veut chanter, Tant est arrogant.

Tache d'assembler Un homme à frapper.

Qui est son parent,

Evêque mittré (i>, Quitte ton épée, La guerre est faillie ; Rentre en ta boutique, Met dans ta marmite Ton grand pied de nez.

Cachette est perdu ; Avec son gros c ïl ne peut marcher.

Les gens du faubourg Tiendront, à leur twr, Le faire sauter.

Parent de village <2), Bossu au visage, Son gendre Oudinet, N'ont poiot de couleur :

Ils tremblent de peur D'avoir bien le fowU

Conseiller* de Ru*»*, Bestes et vilains,

(t) N. de Pellevé.

(2) Thomas Parent, conseiller au préâdtel, avait d'abordr défendu Henri III.

Au roy faut aller, Le prier de grâce Oue pardon il. fasse Aux gens insenséz.

Le vaillant Beuvry, Homme tant hardy, A le nez brûlé, Fricassant la poudre Qu'il avoit fait nîoudre Pour le roy tuer^

Un Serval pelé, Un Bazin razé, Un roy d'Aragon, Et Claude Neveux, Ce sont cinq teigneux, Avec Pierre Husson.

Le goûteux Gautier, Son gendre et Laisné r Et le Rubantier, Cherchez la nacelle De Torde ruelle Pour vous embarquer.

Voyez Claude Aubert Amenant des pierres Pour les engrever : Le greffier Frizon Est du sainct cordon Le pater sancte.

Le seigneur de Muire A moyen de rire Et prendre plaisir :

Sa dévote femme Ressemble une lame

Qu'on manque à fourbir.

Et toy, Bignipourt (1), Gard qu'il ne s'en court :

Claude, Charpentier' Vont quérir des crocs 7 Sonnent à la porte Et portent les clefs.

Alexis Lelong, C'est un gros garçon; .

Bon pâtissier Sera à Montfaucon, Avec son fourgon > Pendu à côté.

Un Barbier goûteux.

Un Marlot boiteux Qui ne peut aler r Toujours sont en ville :

Leur langue babille, Mais sans rien gagner.

Le hareng Soret Qui est emputé Dans le bobillon, • Halpart son amy Le fera rôtir

(1) Jean Bignicourt, grand-prévôt de Champagne, poursuivit les royalistes : il s'était fait un tribunal révolutionnaire composé de Claude Lescot, Jean Pioche, N. Simon, G. Tavernier, J. Oudinet, Jean de Foigny, avocats.

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— MO — Dessus le charbon.

Le cordouiçr Cberost Et son compagnon Noël Lallemant Soutiennent la Ligue ; De cette pratique Est le petit Bruyant.

Jean Le Tournera* Jacques le teigneux, Maistre Jean Àuger, Soyez à Rouen Dans un muid de bren Du sépulchre nez.

Un grand aux solets, Un singe botté, Le sergent Rohart, Et Mathieu Salé Est enfariné Et ne le dit pas.

Honneuze aux beriiques> Et Pierre Lefricque Sont bien désolés De voir sainte Ligue, Gomme on la dépite Et la foule aux pieds.

Les croquans ruaez Sont tard arrivez ; Ils ne sont venus Pour donner secours A tel qui s'en court Pour s'aller noyer.

Touts pauvres ligotirs, 11 faut dire adieu Et vous assembier , Aller en Espagne Tirer à la rame :

Vous le méritez.

La Ligue est perdue ; Longis Ta au c.

Bien avant forée :

Tout près de la merde, Qui la laisse perdre, Aille la chercher.

Quand Barry la sçu Qu'elle était au c.

Ordement logée, A pris sa pipette Avec sa lunette Pour la rechercher.

Sire, vous voyez Tous ces insensés ; Faites-leur pardon :

Us quittent la place, Ils ont la besace, Et s'en vont au long.

L'yvrogne Veray, Avec ses amis Colardeau, Chartier, Fussent-ils ensemble Sur le Pont au Change En un sac liez.

Moët l'hypocrite,

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