SONNET A LA FRANCE
Honneur de l'univers , sainct flambeau de
[l'Europe, France, unique miroir des autres nations, France à peine sortant de tant d'afflictions Que tu receuz du bras d'un traître misanthrope,
Ores qu'un grand Louys , ton roy, 4e des-
[ velope De la crainte de voir maintes es motions, Luy consacrant ta vie et tes affections, Fay qu'il soit ton Ulysse, et toy, sa Pénélope.
* Fay que, gardant vers luy toute fidélité, Il soit ores de toy humainement traicté,
Majesté : mais elle en a tant que j'ai vu que je n'en finirais pas, et j'aime mieux tout bonnement crier : Vive le roi!— Ventre-saint-gris ! dit le roi, c'est bien trouvé. Monsieur l'homme d'esprit, venez-vous-en dîner avec moi. »— En arrivant à Fiâmes, le maire dit à Henri : « Sire, Fiâmes comme Braisne, vive te roi ! » — Le sonnet ci-dessus fut composé quand Louis XIII traversa Fismes pour aller se faire sacrer à Reims.
— U9 — Et que plus le passé de larmes tu n'arroses.
Hélasl qu'en peux tu mais, si des félonnes
[ mains Ont osé perpétrer des actes inhumains !
€'est qu'il y croit chez toy des chardons et des
{roses (1).
(1) L'auteur de ces vers, Jean d'Ayart, né à Fiâmes, vers 1550, fut attaché d'abord à la maison du cardinal de Guise, archevêque de Lorraine. Il prit part à l'éducation d'Henri de Lorraine, depuis grand -chambellan de France, et finit par être au nombre de ses secrétaires. On lui doit quelques sonnets et un petit poème sur le sacre de Louis XIII, imprimé à Reims, en toto, ches S. de Foigny.— À la fin il le signe : —Ay dày en art,— anagramme de son nom.