CHANSON DES RÉMOIS
A i/ËfltRÊfe D'ÀMÈ D'AUÏRKJttfi.
(6 Octobre 1630.)
Royne, unique en beauté, dont le ciel veut Le nom de tous costez, [estendre
Arrestez vous de grâce, et vous pourrez entendre De grandes véritez.
Voyez cest escusson : c'est la figure et l'ombre De vostre sort heureux.
Son grand nombre de lys vous promet un grand
De beaux fils généreux. [ nombre
Son paisible olivier prédit vostre hymenée Plein de félicite , Et son fruict infiny ne la promet bornée Que de l'infinité.
Puisque ce digne escu dans ses traits repré-
Vostre sort plus certain, [sente
Reims, aimant vostre gloire, humble vous le
De la part du destin. [présente
Elle vous offre aussi son amour, qu'elle pose Aux pieds de vos beau te z.
Acceptez l'aussi donc, car ce n'est peu de chose Que l'amour, des citez (1).
(1) Ces jolis vers sont de G. Baussonnct. —La belle Anne d'Autriche, en allant épouser Louis XIII, passa par Reims, et la ville lui fit hommage d'un riche écusson à ses armes, qui sont en chef : deux rinceaux d'oliviers, chargé» de fruits, croisés et de sinople, sur un fond d'argent, — et «n pointe : d'azur, chargé de fleurs-de-lis sans nombre.