A TRÈS-HAULTK, TRÈS-ILLUSTRE KT TRÈS-VERTUEUSE
princesse MARIE D'ESTOUÀRT,
ROYNE DE FRANCS ET D'Escrocs.
Les anciens autheurs, o royne incomparable, Ont célébré le nom des roynes de hault pris : La belle Zénobie est misq en leurs écrits, Qui, royne d'Orient, eut renom admirable.
Maintes autres ont eu un honeur vénérable Pour la grande beauté comprise en leurs espris : Mais sur toutes l'honneur en vos grâces compris Rendra aux successeurs vostre nômperdurable.
Car oultre la beauté d'une face angélique, Qui resplendit en vous par un destin célique, De latente beauté vostre esprit est vestu
De plus haulte valeur, et qui plus vous décore, Que de son teint vermeil n'est ornée l'aurore, Pour ce qu'en vous reluict beauté, grâce et
[vertu (1).
(1) Ces vers, présentés à Marie Stuart, lors de son séjour à Reims, à l'occasion du sacre de François II, ont été composés par Jehan de la Maisonneufve, et mis a la suite d'un poème qu'il avait rimé en l'honneur de cette cérémonie, intitulé V Excellence des trois dons célestes, à scavoir Us trais fleur* de lys d'or, etc.— Rouen, 1569.— -L'auteur nous apprend que ce grand événement a inspiré beaucoup de poètes et qu'il a voulu suivre leur exemple.
LA CHANSON ÛE iBERRU-LES-REIMS.
Volucres cœli Etpisces maris!
Stila qu'a perdu sa pouille, ♦En est ben marri':' " Èssé qu'où bon bon.
Donnez-nous un bon jambon.
S'il est gros, nous 1* pernons ; S'il est p'tit, nous Y rendons.
Qua^d les blés sont en vçrdeure, Dieu nous donne bonne aventeure.
Vive le roi François (1)1
(1) Quand François II fut atteint de la maladie dont il mourut, fes religieuses de Saint-Pierre-les-Dames, à Reims, et leur abbesse, ftenée .de Lorraine, tante de Marie Stuart, lui proposèrent de venir prendre l'air des champs dans une maison.de campagne qu'elles possédaient sur le mont de tferru. Leur offre lut acceptée : pour distraire le jeune monarque, les enfants du village venaient sous ses fenêtres danser et chanter des chansons. Ce couplet était l'un de ceux qu'ils récitaient. Ils le disent encore, quand ils font la quête -du Mardi Gras.
LES ESPRITS FORTS fo'EPINEUlL (Yonne).
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C'est donc vous, Messieurs d'Epineuiï, Qui renoncez au bon Dieu.
Vous êtes de la p'tïte clochette ; Vous êtes de la loi de Calvin.
Vous $vez trempé votr' serpette Dedans lé sang d'un bouquin (1).
(i ). Yonne.-— Collection de M. Lb Màîstre.— Pendant les guerres de religion, les vignes des habitants d'Epineuiï furent ravagées par les insectes : un sorcier leur conseilla de tailler le bois malade avec une serpette trempée dans le sang d'un jeune bouc ; ce qu'ils firent, dit-on. A cette occasion, on rima le couplet ci-dessus* Un maçon de Tonnerre, ayant en, dans le siècle dernier, l'imprudence de le chanter àEpineuil, les habitants fermèrent l'orifice d'un puits, dans lequel il travaillait, et l'y tinrent captif .pendant plusieurs jours. — Puisque nous parlons de Tonnerre, profitons-en pour dire que Fauteur ne la jolie chanson sur le vin de Tonnerre, publiée dans notre deuxième volume, est l'œuvre du baron de Ramadou.