‹ Romances, ballades et légendesChapitre 14 sur 53 · LES PETITS MONTAGNARDS · texte numérisé non relu

LES PETITS MONTAGNARDS

Ouvrez , j'ai froid j cet habit qu'à ma fête, Ce bel habit que vous m'avez donne ^ Je l'ai laissé pour garantir sa tête.

Ouvrez, ma mère, il est minuit sonne'.

Ah ! je le vois, vous êtes en colère.

Et cette nuit vous voulez me punir.

Il fait si froid! ouvrez, j'ai faim, ma mère -y

Ouvrez , ouvrez ! grâce, je vais mourir.

Mais tout se tait ; je n'entends que la bise Qui souffle, hâas ! qui redouble d'effort, Et le hibou qui, sur la vieille église.

Semble annoncer qu'ici quelqu'un est mort.

îiuftn.

Reste dans la forêt ^ avast que minmt soone, Yvan y un voyageur passera devaat toi ; Un casque noir le couvre, il porte la couronne. Yvan, à son aspect ne nionti;i& aucun effroi.

Ce n'est pas un guerrier, ce n'est qu'une ombre vaine , Misérable vapeur échappée au tombeau, Un spectre sans pouvoir que le zéphyr entraîne Ou chasse devant lui, comme un £iible roseau.

Peut-être , à ton regard poussant un cri sauvage , Il mettra sur ton sein un glaive menaçant ;

Méprise sa fureur^ son inutile rage :

Son glaive n'est qu'une ombre et n'a pas de tranchant.

Peut-être voudra-t-il t'entraîner dans Tabîme ; Il fera contre toi des efforts superflus.

Le souffle passager qui Teveille et l'anime , Aux premiers feux du jour ne le soutiendra plus.

Mais ce n'est pas assez de braver sa présence , Sans balancer, Y van , il faut Imterroger; Il doit tç dévoiler le traître qui m'oiFense , Et te dire l'instant où je puis me venger.

La mort n'a pas rompu son vœu d'obéissance :

Les sermens de la terre, ami, vivent aux cieux. S'il ne repondait pas, frappe-le de ta lance ; S*il se taisait encor, dis-lui que je le veux.

^$ &UtXXWC l^0iX.

J'entends mugir les caveraes des monts; Un long murmm*e étonne le rivage ^ Sur la colline hurlent les aquilofis.

Le rosngnol a cessé son ramage , Le hibou chante y il appelle la mort; Le loup répond y de la forêt lointaine.

Qu'an^nce ^ hélas ! un si lugubre accord?

Un guerrier noir a paru dans la plaine.

Dieu ! que veut-il? A son aspect , pourquoi Cette terreur de la nature entière?

Est-il vivant? est-ce une ombre? dis-moi Son nom, ses traits; ici que vient-il (aire?

O vo jageur ! ne m^interroge pas ; Mais «uns tar^ va mèa 4e fe Antaiiie, Appelle Yvan , dis-lui , dis-lui bien bas :

« Un guerrier noir a paru dans la plaine. >•

Yvaa, Yymu , mut k fils dies tondbeauK Quel e9l «^ui qui lèvera la laaet ?

Contre k Ciel il n'est pas de hnro»^ Cofilve la mort à quoi sert Yesfénskcel Yvan f Yvaii , eadbe ton bonotier, Suspends ton glaive à la bruicbe du cbéne ; Presse, ô non fils, les flancs de ton coursier : Un guerrier noir a paru dans la plaine.

Vaine prière ! Yvan ne sait pas âiir :

U eoinbaitit; et k Baissante ânifore Dans le vallon rappelmt le aép^rr,

Que tout sanglant il combattait encore.

Il succomba ; quel bras assez vaillant De si beaux jours a pu rompre la chaîne?

Chacun l'ignore , et répète en tremblant :

« Un ^guerrier noir a paru dans la plaine. »

^u ^era^ fini!

Dors , cher enfant , jusqu'à l'aurore'; Tes jours sont encore inconnus , Sommeille y ami , sommeille encore y Bientôt tu ne dormiras plus.

Tu naquis pour la paix du monde^ Et cette paix n'est pas pour toi \ Que de mes larmes je t'inonde ,\ pauvre enfant ^ tu seras roi !

Déjà je vois à la lumière y

Cher petit y tes yeux s'cntr'ouvrir :

Referme un .moment ta paupière ;

120 ïfAUVRE ENFANT, TU SERAS ROI!

Le jour est si long pour souEBrir!

* Ayant que la nuit de la tombe Étende son voiW sur U>i| Plus de repos, douce colombe.

pauvre enfant, tu seras roi !

Au nouveavKnë de la ohaumière , En soupirant tu tends les bras ; •' Il est fran^is, ii est ton frère , Tu le fiam^ y ab ! ne le plains pas.

Il eft nu , mais dans sa misère , Ati?l qa'û est plus heureux que toi!

il a des amis sur la terre. . .

Toi , pauvre enfant, tu seras roi !

Contre le g aive i>an{|^inaif e L'innocence est^^Ue un abri?

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