LÀ LIONNE
Oiii , quelque noir chagriiï te poursuit , te dévore ; Ton regard inquiet se tourne au moindre bruit ; La Éaim te ronge-t-elle ? as-tu depuis l'aurore Attendu vainement la gazelle qui fîiit?
Ah ! je connais ton mal ; la faim est moins cruelle : Pourrait-elle arracher de si douloureux cris? Tu lus mère î réponds, ta race où donc est-ellé? Où sont tes lionceaux? qui te les a ravis?
On les voyait déjà s'essayer à la guerre ; L'hyène avait contre eux vu ses efforts déçus ; Et quand avec le jour tu quittais la tanière ,.
Le perfide chacal'ne les menaçait plus. -- *
O nobles rejetons ! une main plus puissante Pour vous depuis long-tems avait forgé des ftrs,'
324 tA. tlONNÈ-
Son espoûr épiait votre force naissante ,
Et vous ne croissiez pas pour la paix des désertât
Arraches pour toujours à ce brâlant rivage f Vous ne reverrez plus le soleil africain.
Au niiUeu des cites, nourris dans rèsclavage. D'un gardien s^uis pitié vous flatterez la main.
Un peuple, se presj^nt autour de votre chaîne , Se disputant le droit d'irriter vos tourmens. Provoquera TefEort d'une împuissaQte haine , Et ses ris répondront à vos rugissemeos^
Tout y et ce chien aussi , qu'une main seco^RsaUe A mis sous vos barreaux pour charmer vos douleurs. Fort de votre Ëûblesse^ avide, insatiable, Ce chien m^me s'unit à vos perse'cuteurs.