LE FORÇAT LIBERE
Abandonnant sa tâche, oi^eîlleux mercenaire, L'ouvrier dit : • Il vient, je ne resterai pas. »
Ces vingt ans de douleur, loin d^expier mon crime, N'ont ouvert devant moi qu'un abîme plus grand ; Et je suis à leurs yeux , exécrable victime , Moins souillé du forfait que de son châtiment.
Ce chien, trop bien instruit par un maître barbare,'
Si je touche le seuil , semble épier mes pas ;
De l'aspect du logis il est lui-même avare.
Et son œil menaçant me dit : « N'approche pas ! »
Repoussé des vivans , si je cherche un refuge Dans l'asile des morts , le gardien des tombeaux , Au delà du trépas interrogeant mon juge , Me défend d'espérer la terre du repos.