‹ Romances et chansons [microforme]Chapitre 18 sur 43 · L'EAU ET LEVIN · texte numérisé non relu

L'EAU ET LEVIN

La vérité, dit-on, se montre

Dans une bouteille de vin ;

Je ne viens point protester contre,

Les vertus de ce jus divin ;

Mais l’eau n’a pas moins de mérite ; Pour elle épris d’un beau penchant, J’en fais ma boisson favorite

Et la veux pour sujet de chant. (bis.)

Lo vin dérange un peu la tête

Si l’on en use largement ;

L'homme ivre ressemble à la bête ; Dreu l’abandonne en ce moment ; Mais l’eau, qu’on avale à plein verre, Pure n’est jamais un poison ;

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À l'estomac elle est légère Et ne trouble point la raison. (bis.)

Le vin pris à trop fortes doses

Nous donne un teint trop florissant ; L'eau, qui le rend couleur de roses, Rafraïîchit et calme le sang ;

Sur le Champagne et le Bourgogne Ma sagesse à mis son velo;

L'eau ne me rendra pas ivrogne ; Je puis m'en gorger à volo. (bis.)

Pour la Goutte et la Dyspepsie

De l’eau l'effet est souverain ;

Pour l’ Asthme, la Paralysie,

Les douleurs de foie et de rein,

A tous les maux c’est un remède, Soit internes, soit sur la peau ; Malades ! invoquez son aide !

Que votre médecin soit l’eau ! (bis.)

L'homme est la seule créature

Qui boive le jus du raisin ;

Les poissons dans l’eau, je l’assure,

Se trouvent mieux que dans le vin.

Le vin, dit-on, par sa fumée

Dilate l'esprit au cerveau ;

Qu’on vante moins sa renommée ;

Sur les yeux il met un bandeau. (bis.)

Est-il rien d'aussi nécessaire

Que l’eau partout dans l'Univers ?

Sans elle il n’est point de rivière,

De sources, de lacs ni de mers ;

Elle nourrit, par la rosée,

Les fleurs, les fruits, les végétaux ;

Et la terre en est arrosée

Mieux que par le vin en ruisseaux. (bis.}

CHANSON

L'HYDROTHERAPIE AIR : De Nostradamus.

Depuis longtemps, disciples d'HyPPOCRATE, D'affreux poisons vous me gorgiez en vain ; C’est trop souffrir ! je me fais hydropathe Et je renonce à l’usage du vin!

Plaignez mon sort, amis de la bouteille !

De l’eau, de l’eau ! voilà mon seul espoir !

J’ai trop fêté le doux jus de la treille ;

Je bois de l’eau !

Je bois de l’eau du matin jusqu’au soir !

Contre les maux de l’humaine nature On a cherché toujours, mais sans succès, Un sûr remêde; eh ! bien c’est de l’eau pure, La panacée aux merveilleux effets.

Plus de docteurs, ni diète ni tisane !

Non rien de l’euu n’égale le pouvoir, Julep, Quina, ni Rhubarbe ni Manne :

I] faut de l’eau !

Il faut de l’eau du matin jusqu’au soir !

À peine l’aube éclaire ma demeure, Das un tissu de laine empaqueté, Sans mouvement, jusqu’au cou, plus d’une heure, Comme un poupün je reste enmaillotté.

Puis, en sueur, dans un bassin je plonge ; Un peu plus tard dans l’eau je vais m’assoir, Puis sous la douche, enfin comme une éponge Je bois de l’eau !

Je bois de l’eau du matin jusqu’au soir !

ei venez ! infortunés malades

Que vos docteurs ne savent pas guérir : - Vous y ferez de longues promenades Et votre faim ne pourra s’assouvir.

Par ses vertus, la nouvelle Jouvence

Fera cesser votre long désespoir ;

À ce trésor puisez en abondance !

Buvez de l’eau !

Buvez de l’eau, du matin jusqu’au soir !

Si vous souffrez de quelque névralgic,

Buvez de l’eau ! votre mal passera ;

Fièvre, scorbut, migraine, gastralgie,

A des flots d’eau rien ne résistera.

Il ne faut pas l’avaler goutte à goutte ;

Votre gosier doit être un entonnoir ;

Buvez de l’eau ! vous n’aurez plus la goutte ; Buvez de l’eau !

Bivez de l’eau, du matin jusqu’au soir!

Bien que dans l’eau je barbotte sans cesse, Je parle vrai (ce n’est point un canard) ; Le coloris de ma fraîche jeunesse M'est revenu ; l’eau voilà tout mon fard.

0 ! buveurs d’eau, guéris par ce régime, La gratitude est pour vous un devoir ; Préconisez ce remède sublime!

Et chantez l’eau!

Et chantez l’eau, du matin jusqu’au soir !

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ROMANCE

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