I . Variante : Je tremble dans la tour
a. Roche-en-Régnier, Véronique Girard, Cf. Bladé, Poisiti pop, recueillies dam l'Armagnac et FAgenais, p. \6.
j. La terminaison féminine de logeii n'est ici que pour la cadence, le reste de la complainte indique qu'il s'agit d un homme.
4. Ce mot de château ne parait signifier rien autre qu'une auberge. Nous verrons, au dernier couplet du fragment de variante de la complainte qui suit, une auberge appelée château. D'autres chansons fourniraient d^autres exemples d'une semblable désignation. Bien des paysans, d'ailleurs, ont T ha bit udc d appeler château tout ce qui n'est pas chaumière.
$. J'ai écrit Lo:t, sous la dictée; il semblerait préférable d'écrire Lo2ie, tous les autres couplets commençant par deux vers d'assonances féminines.
^^^V ^^r^^^ 3jj,^^ ^^^^^^^^^^^^
^^^^H Me suivaient de pas à pas, ^^^^H Je m'en apercevais pas.
^^^^1 Les juges de Valence ^^^^H M'ont jugé ma sentence, ^^^^H D'être pendu et brûle, ^^^^H Un bon jour de marché*
Rossignolet sauvage, ^^^^| Qui parie tout langage, ^^^^ Va-t-en dire â ma mère^ ^^^^ Va-t-en dire à ma mère, ^^^^ Que je suis un enfant pcrdu^ ^^^H Que de moi n'y pense plus^ ^^^|
^^^^1 LA MAITRESSE d'aUBERGE ET SON FILS. ^^^|
^^^^^ Si le soldat se prend, s'en va, ^^H S'en va trouver son capitaine : ^^m « Capitaine, donnez mon congé, ^^M Dans mon pays je veux aller.
^^B — Pauvre soldat, où iras-tu ? ^^M Je prends pitié de (a misère, ^^m Dans ton pays tu l'en iras, ^H Personne te reconnaîtra.
— Pauvre soldat, prends garde i toi ^M Si tu vas loger chez ta mère : H A bien tué d'autres marchands, H [Ile t'en pourrait bien faire autant. > ^Ê
Si le soldat se prend, s'en va, ^^^H Il s'en va loger chez sa mère : ^^^H « Boojour, madame de cions, ^^^| Logeriez-vous la Nation^? ^^^^
^H — Si personne me connaît pas, ^H J'ai bien mon père aussi ma mère, ^^M Ainsi que mes autres parents, ^H Qui m'ont écrit y a pas longtemps. •
^H Si le soldat se prend, s'en va, ^H S'en va faire un tour de ville, ^^M Mais s'il s'est mis marchand de draps, ^H De marceline 3 en taffetas.
^1 — Oh ? oui, soldat, entrez dedans, H
Et posez là votre varise, ^M
Posez la bien assuré, ^Ê
N'ayez point peur qu'iile soit voie', i ^Ê
Mais quand il vient d la minuit, ^^^| La mère visite la varise, ^^^H Trouve qu'il y a de quoi jouer : ^^^| • It faut tuer ce passager. » ^^H
^^M Mais tout en achetant ses draps, ^^1 Sa chère tante te regarde : ^H < A votre bouche et â vos yeux ^H Vous ressemblez bien mon neveu.
^H — Oh ! oui, chère tante, je le suis, ^^B Mais je vous prie de n'en rien dire, ^H Mais ie vous prie^ n'en dites rien ^B Jusqu'à demain de grand matin.
S) la mère n'a pris le couteau ^^H Et la servante la chandelle, j^^^H N'a pris ce couteau effrayant, ^^^H Et l'a plongé dedans son sang. j^^^H
Mais quand il vient au lendemain, ^M Sa chère tante le va voire : ^Ê t 0(i a-t-il passé ce beau marchand H Qui a logé ici dedans ? ^|
^H 1. Chamalières, Mariannette Vincent. ^^H ^H 2. Variante : De la velours en taffetas. ^^^1 ^H ;. Il ne faudrait pas voir dans ce mot de la Nation, dont le soldat se décorait ^^^| ^H sous la première Republique, une indication de la date originelle de la chanson. ^Ê ^H Cette qualification n'est qu'une insertion accidenlelle. Toutes les variantes ^M
^H Bonjour, madame de céans, ^^^M
CHANTS POPULAIRES DU VELAY ET DU FOREZ 209
— Ce beau marchand s'en est allé — Si mon enfant jen ai tué,
De bon matin, sur les quatre heures, II se devait faire connaître,
De bon matin s'en est allé. Si mon enfant jen ai tué,
Car il était fort bien pressé. > Cent fois la mort j'ai mérité.
Tout en parlant, en devisant, Ma soeur, ne criez pas si haut,
Sa chère tante monte en chambre, De peur que les voisins l'entendent ;
N'a découvert ce beau lit blanc. L'enterrerons dans le jardin,
L'a trouvé baigné dans son sang. Que personne n'en saura rien.
c Ho I ma sœure, qu'auras-tu fait? — J'ai tant caché que cache plus,
Tu auras tué ton fils de guerre. Je m'en vais avertir la justice. >
Tu auras tué ton propre enfant, La justice l'a condamné
Pour avoir soin de son argent. D'être pendu ou bien brûlé *.
Une variante moins explicative que notre chant, mais plus énergique, finit ainsi :
c Ah I malheureuse, qu'as-tu fait ?
Tu auras tué ton fils de guerre.
Tu auras tué ton pauvre enfant.
Pour avoir soin de son argent.
— Ah ! ma sœur, nen crie pas si haut 1 J'ai peur que les voisins l'entendent ; Je l'enterrerai dans mon jardin ;
Il y en a plus de quarante-cinq.
— Pour te cacher je te cache plus, Je vais te vendre à la justice ; Moi-même, je te ferai brûler.
Et ton château sera rasé ^. »
l'auberge du crime.
1 Le fils d'un gentilhomme de la guerre venait : c Ah! madame l'hôtesse, logeriez-vous?
— Oh oui, mon gentilhomme, descendez* vous. ■
2 N'appelle sa servante : c Petite Jeanneton I Porte du foin, d'avoine, n'épargne rien, Le fils d'un gentilhomme payera bien. »
3 Quand vient sur les six heures, l'heure du souper : € Ah ! madame l'hôtesse, souperons-nous ?