‹ Romania (volume 2)Chapitre 159 sur 282 · CHANSONS · texte numérisé non relu

CHANSONS

Il la traîna depuis Paris Jusqu'à la Seine de Saint- Denis : N'y avait ni haie ni bisson Que n'y eût du sang de Marianson ; N'y avait ni haie ni épine Que n'y eût du sang de sa belle chair

[fine.

« Mon beau Renaud, mon doux ami, Arrêtons-nous un peu ici. »

« Si je m'arrête, ce n'est pas pour loi, C'est pour mon cheval qui est jassé.

Dis-moi, catin, franche catin, Où sont tes trois anneaux d'or fin ? » t Prenez !a clef de mon buffet, Bt dedans vouts les trouverez. •

Au premier tour que la ciel fit, Les trois anneaux d'or amenit.

Tout aussitôt qu'il les a vus, A Sa guerre îl s'en est allé.

Sa pauvre mère qui court après, Comme une femme folle, Son bonnet i sa main, Ses cheveux sur sa robe.

« Beau Renaud, rends-moi mon enfant !

Si tu ne me rends pas la peau.

Rends-moi seulement les pauvres os , Si tu ne m'en rends pas ie sang, Rends-moi les os tout sanglianls.

Petits oiseaux d'amont les chants, Mangez la chair de mon enfant. »

l'Adélaïde

POPULAIRES n?

» Marianson, dame gentille.

Que vous faut-il pour vous guérir?

Vous faul-il patn? Vous faut-il vin?

Vos draps de soie, vos drapsde lin?»

« Il ne me faut ni pain, ni vin ; Ni draps de soie, ni draps de lin.

Il me faut une aipuiJle et du fi.

Un beau drap pour m'enseveli, El un beau père cordelicr Pour tous mes péchés confesser. »

Comte Renaud monte à sa chambre, Prit une belle chemise blanche ; S'est habillé en cordelier, Péchés de sa femme a confessés.

A chaque péché qu'elle lut disait, Un brin de barbe il s'arrachait,

• Marianson^ à votre mari,

A votre mari pardonnez-lui. »

f A mon mari, |e fui pardonne ;

Je n'ai que ma mort i lui pardonner,

Mais non pas celle du petit né,

Qui est mort sans être baptisé. ■

Comte Renaud monte â sa chambre, A pris un gros tison flambant, S'est brûlé la barbe et le menton.

A deux heures d'après-midi, Mananson a donc fini ; A quatre heures d'après midi Le beau Renaud a donc fini.

Le Paulmter et Marie Roger.)

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