CHANSONS
Il la traîna depuis Paris Jusqu'à la Seine de Saint- Denis : N'y avait ni haie ni bisson Que n'y eût du sang de Marianson ; N'y avait ni haie ni épine Que n'y eût du sang de sa belle chair
[fine.
« Mon beau Renaud, mon doux ami, Arrêtons-nous un peu ici. »
« Si je m'arrête, ce n'est pas pour loi, C'est pour mon cheval qui est jassé.
Dis-moi, catin, franche catin, Où sont tes trois anneaux d'or fin ? » t Prenez !a clef de mon buffet, Bt dedans vouts les trouverez. •
Au premier tour que la ciel fit, Les trois anneaux d'or amenit.
Tout aussitôt qu'il les a vus, A Sa guerre îl s'en est allé.
Sa pauvre mère qui court après, Comme une femme folle, Son bonnet i sa main, Ses cheveux sur sa robe.
« Beau Renaud, rends-moi mon enfant !
Si tu ne me rends pas la peau.
Rends-moi seulement les pauvres os , Si tu ne m'en rends pas ie sang, Rends-moi les os tout sanglianls.
Petits oiseaux d'amont les chants, Mangez la chair de mon enfant. »
l'Adélaïde
POPULAIRES n?
» Marianson, dame gentille.
Que vous faut-il pour vous guérir?
Vous faul-il patn? Vous faut-il vin?
Vos draps de soie, vos drapsde lin?»
« Il ne me faut ni pain, ni vin ; Ni draps de soie, ni draps de lin.
Il me faut une aipuiJle et du fi.
Un beau drap pour m'enseveli, El un beau père cordelicr Pour tous mes péchés confesser. »
Comte Renaud monte à sa chambre, Prit une belle chemise blanche ; S'est habillé en cordelier, Péchés de sa femme a confessés.
A chaque péché qu'elle lut disait, Un brin de barbe il s'arrachait,
• Marianson^ à votre mari,
A votre mari pardonnez-lui. »
f A mon mari, |e fui pardonne ;
Je n'ai que ma mort i lui pardonner,
Mais non pas celle du petit né,
Qui est mort sans être baptisé. ■
Comte Renaud monte â sa chambre, A pris un gros tison flambant, S'est brûlé la barbe et le menton.
A deux heures d'après-midi, Mananson a donc fini ; A quatre heures d'après midi Le beau Renaud a donc fini.
Le Paulmter et Marie Roger.)