‹ Romania (volume 2)Chapitre 158 sur 282 · XII · texte numérisé non relu

XII

Marguerite est assise sur le bord de la mer. Pour son plaisir écoute le marinier chanter : c Beau marinier, bon drille, apprends-moi à chanter. »

Tu me dis toujours, ma Nanon,

Tu retiens mon cœur en prison.

« Comment t'apprenderai-je ? tu es trop éloignée. Entrez dans ma nacelle, nous vous apprenderons. » Quand elle y fut entrée, elle se mit i pleurer.

« Ah ! qu'avez-vous, la belle, qu'avez-vous i pleurer } » < Je pleure mon anneau d'or, dans la mer est tombé. > c Ne pleurez pas, ma belle, nous vous le retrouverons, t

Le galant se dépouille, dans la mer a plongé.

Le premier coup qu'il plonge, ah ! il n'a rien trouvé ;

Le second coup qu'il plonge, il l'entendit fringuer.

Le troisième coup qu'il plonge, le galant s'est noyé. La mère par la fenêtre qui entend ce parler : c Faut-il pour une fille que mon fils soit noyé ?

Y en a tant en France de filles à marier.

Des blondes, aussi des brunes à Saint-Martin d'Auray. >

Tu me dis toujours, ma Nanon,

Tu retiens mon cœur en prison.

(Adélaïde Le Paulmier.)

^^K 0 Marianson, dame gentille,

a Ta femme est accouchée d'un fils, ^^^H

^^^ Vous plalt-il d'aller à Paris ? »

D'avec la femme l'ai couchi. • ^^^^|

^^1 a A Paris je veux bien aller

< T'en as menti, franc chevalier, ^^^H

^^U De chez mon père pour accoucher,

Ma femme m'est fidèle assez, > ^^^H

^^M De chez ma mère poîir me relever. »

« Ceux qui te l'ont dît en ont menti, ^^^H

^^M i Marianson, si vous y aflez,

Car elle a passé par ici ^^^H

^^H N'allez pas par le bois joli. >

Elle a bu de mon blanc vin, ^^^H

^^H Car les charretiers ont bu du vin,

Elle a couché dans mes draps de lin ; ^^^H

^^H 11$ ont détourné le chemin.

Pour te montrer la vérité, ^^^H

^^H Par la vallée, par la cavée,

Voilà ses trois anneaux dorés. » ^^M

^^H Quand l'enseveli la vit veni,

Quand il a vu que c'était vrai, ^^^H

^^B Un verre de vin lui présentit.

Au contre terre il s'est jeté. ^^^^|

^^m « Marianson, si voas le buvez,

11 y fut trois Jours et trois nuits ^^^H

^^m Cent ècus vous y payerez,

Sans se pouvoir relever. ^^^H

^^H Et cent écus pour vos chevaux,

Au bout des trois jours et trois nuits, ^H

^^H Et tout autant pour les chariots,

Sur son cheval a remonté. ^^^^Ê

^^H Fa autant pour le petit né

Il n'allait pas en homme de guerre, ^^^^|

^^1 Qui repose dans vos côtés, «

11 allait eti poudre et en tempête ; ^^^^|

^^B « J'iimerais mieux me voir étouffer

Il n'allait pas en homme d'assent, ^^^H

^^H Que de ton vin j'en eusse goôté. i

H allait comme la poudre et le vent. ^^^H

^^B « Marianson, si vous passez.

Sa pauvre mère sur ses châteaux ^^^H

^^H Laissez-tious des gages jolis. >

De loin voit venir son fils Renaud, ^^^^|

^^H « Hélas! quels gages vous laîrai-je?

« Ma ftlle, voilà venir ton mari, ^^^^|

^^^ Je n'ai que mes trois anneaux dorés.

Qui ne me parait pas réjaoi. ^^^^|

^^H « Marianson^ laissez-nous les. *

« Il ne vient pas comme le vent, ^^^H

^^H Marianson mai avisée,

Il vient en foudre et en tourment ; ^^^^|

^^M Marianson les a laissés.

Il ne vient pas en homme d'armée, ^^^^|

^^m Quand il a eu ses trois anneaux,

Il vient en foudre courroucée. » ^^^H

^^M Chez l'argentier s'en est allé :

• Ma mère, présentez-lui son fils ; ^^^^Ê

^^M t Bel argentier, fin argentier,

11 sera fiché, s'il ne rit. ■• ^^^^|

^^H Prenez ces trois anneaux dorés ;

« Tiens, beau Renaud, voilà ton fils ; ^^^H

^^H Je vous les donne à non coucher,

Quel nom don nés- tu à ton fih P • ^^^^Ê

^^m Fa îtes m' en d e pare ils pou r m 0 n lever .

■ A mon fils |e lui donne un nom, ^^^H

^^M Voici le matin revenu.

Et à la mère mauvais renom ; ^^^^|

^^B Vers l'argentier s'en est allé ;

A mon fils je lui donne des fleurs, ^^^H

^^H A son chemin a rencontré

El à la mère peine et douleurs. > ^^^^|

^^H L'homme de Marianson.

Il prit Tenfanl par les deux pieds, ^^^H

^F < Bonjour, l>oniour, franc chevalier,

Contre le pavé t'a massacré ; ^^^^|

^^L Que le bonjour te soit donné! »

Il prit la mère par les cheveux, ^^^^|

^^M * Autant à toi tout comme à moi. >

A la queue de son cheval l'attachit. ^^^H

^^M i. Cf. Damase Arbaud, Chants populaires de la Provence, II, 82; Ferraro, ^^^|

^^^^ p. 1 1 ; Haupt, p. 99.

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