XL
J'ai un long voyage à faire, je ne sais qui le fera ; Rossignol si tu n'y vas, je ne sais qui le fera. La violette double, double ; la violette doublera.
1. Cf. Romania^ VII, 61. La même chanson, à peu près identique i la présente version, se chante en Champagne.
2. Il y a ici une lacune : dans la chanson champenoise la belle se fait d'abord nonne dans un couvent, puis malade dedans son lit ; et enfin morte dans un drap blanc ; l'amant se fait prêcheur pour y prêcher, puis panseur pour y panser, et enfin saint Pierre.
3. Cf. Buchon, p. 90; Beaurepaire, p. 40; Puymaigre, p. 518; Tarbé, p. 159.
Rossignol prend son envolée, au palais de la belle s'en va, Trouva les portes fermées, par la fenêtre il entra.
c Bonjour l'une, et bonjour l'autre^ bonjour la belle que voilà ! Votre amant m'envoie vous dire que vous ne l'oubliiez pas. »
fl Fallait qu'il vinsse lui-même me faire ce compliment-là ; Tout amant qui craint sa peine mérite d'être campé là. *
(M""« C. Legrand.)
XLP.
Une jeune fille âgée de quinze ans Disait à sa mère : c II me faut un amant. A quinze ans, ma mère, je crois qu'il est temps De me satisfaire ; il me faut un amant. >
c Non, non, non, ma fille, point de tout cela ;
Vous irez en ville dedans un couvent
Pour apprendre à lire, à passer votre temps. >
c Dites-moi, ma mère, ah I dites-moi donc. Dedans ce couvent, comme s'y comporte-t-on .^ Porte-t-on des fontanges et des beaux habits, Va-t-on à la danse, prend-on ses plaisis? »
« Non, non, non, ma fille, point de tout cela :
Une robe noire elle vous servira,
Une robe noire et un voile blanc ;
Te voilà, ma fille, à l'état du couvent. >
c Au couvent, ma mère, non je n'irai pas : Le garçon que j'aime je ne le quitterai pas ; Le garçon que j'aime n'est pas loin d'ici, Il est à la porte, je le vois veni. »
Sitôt la parole dite le garçon entra ;
Humblement la fille il la salua
En lui disant : « Belle, ne te souviens-tu pas
De toutes tes promesses? Ne les tiendras-tu pas? >
« Toutes les promesses que je vous ai faites Dedans ma jeunesse je vous les tiendrai. Il n'y a que ma mère qui ne le veut pas ; Ce sera tout de même : ne t'embarrasse pas.
Mon père est bien tendre de me voir pleurer : D'un amour sincère je lui en parlerai ; Je lui ferai comprendre par mes sentiments Que sans plus attendre il me faut un amant. »
(M»« C. Legrand.)