Choix des Points des Troubadours, t, II (1819), p. ji
2, Raynouard ajoute en note : « Des extraits de cette traduction allemande ont été publiés. » II veut évidemment parler du livre de Hofstaeter. II est curieux que Raynouard, qui cite ensuite le premier passage du Tasse sur Arnaut Daniel (voy. ci-dessus), ne mentionne pas le second, où le Tasse lui attribue positivement un Liincdot,
\. Stt:angsl>(ncht( , I. I. — Voy. aussi P. Parts, Les Romuns de la Table Roide, lil, 26 j.
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avoir cité, en y croyant trop, les passages de Pulci sur « Arnaldo Diez ajoute : « En outre Arnaut est désigné comme auteur d'un roman de Lancelot. On s'appuie pour cela sur Ulrich de Zazichoven, qui nommerait expressément le poète provençal comme son prédécesseur ' ; mais nulle part on ne cite le passage original, et l'exactitude du renseignement est douteuse 5. On ne sait même pas au juste si Zazichoven a travaillé
d'après un modèle provençal ou français Cependant il y a un autre
témoignage favorable. Le Tasse nomme expressément le troubadour comme l'auteur de Lancelot; que cette notice s'appuie directement sur la connaissance de l'ouvrage, qui peut s'être conservé jusque-là, ou sur des renseignements antérieurs, il est sûr que ce témoignage n'est pas suspect. » Il suppose ensuite, sans bonne raison, que Pétrarque» en appelant Arnaut gran maestro d^amor, avait en vue son lancelot ; enfin il renvoie a l'observation de Schmidt sur la dame de Malehaut, et conclut qu'il a dû exister un roman provençal de Lancelot, <( que nous pouvons non sans fondement attribuer à Arnaut Daniel. » Cette opinion était encore la sienne en 1829, où il écrivait dans ses Lehen und Werke der Troubadours : « Arnaut est désigné par Dante comme auteur de chansons d'amour et
de romans Ces derniers sont tout à fait perdus; mais l'indication
générale de Dante est fortifiée par des témoignages postérieurs, d'après lesquels le poète provençal aurait composé les romans de Renaud et de Lancelot. » Malgré sa persistance dans l'erreur qu'il trouvait établie, Diez avait eu le mérite de révoquer en doute tout rapport entre le poème d'Ulrich et le prétendu roman d'Amaut Daniel, et de dire expressément que celui-ci n'était pas nommé dans le poème d'Ulrich.
Cela ne devait pas empêcher l'assertion lancée par Raynouard d'être reproduite. En 1842, Graesse, qui avait cependant Diez sous les yeux, après avoir dit que le Lancelot d^Amaut Daniel est perdu, ajoute : -t Toutefois il fallait qu'il fût encore bien connu au xw siècle, car c'est d'après * ce roman, comme il nous le dit lui-même^ qu'Ulrich de Zatzichoven composa son poème aUemand de LanzcUti. » Fauriel, qui^ dans son cours d'histoire de la littérature provençale, professé en i8î2, avait déjà affirmé en passant l'existence d'une traduction allemande du Lancelot d'Arnaut Daniel^, revint sur ce sujet dans un article spécial, publié après sa mort (1844) dans le t. XXII de V Histoire littéraire de la France