‹ Romania (volume 2)Chapitre 204 sur 282 · Màgûzin lùr dcuîscht Sprache^ l. II, ^j* part., p. It · texte numérisé non relu

Màgûzin lùr dcuîscht Sprache^ l. II, ^j* part., p. It

if. AdeJung indique l'existence à Vienne d'un manuscrit du poème d'Ulrich, et il ajoute que Gottsched possédait une copie de ce manuscrit, d'après laquelle il l'j décrit dans le tome Vlll des VnUrhaltungcn. Il s'agit, d'après Gr^esse, des Hamburger UnUrlialtungcn, et l'article de Gottsched se trouve à l'année 1769, p. îûs ss. Je n'ai pu le voir, mais il est peu probable qu'il contienne rien sur la source d'Ulrich.

Romania^ X

Lancellot, empruntée sans doute à l'italien Lancïllotio, On comprend d'ailleurs que l'idée de ce rapprochement lui soit venue ; mais s'il avait lu le poème d'Ulrich, il l'aurait aussitôt écartée. Il est clair en effet que si Amaut Daniel a composé un Lanceht, c'est le Linceht que Dante a connu ; or le Lancdoî que connaissait Dante avait pour sujet les amours de Lancelot et de Cuenièvre, cela éclate assez dans le passage de VEnfer que tout le monde sait par cœur. Dans le Lancdet d'Ulrich, il n'est nullement question de ces amours ; ce Lancelei n'a donc rien à faire avec le Lancelot dont la lecture perdit Francesca de Rimini. C'est ce qu'Adelung ne pouvait savoir, ne connaissant que le titre du Linzelet ; le premier qui le lut et le fit connaître fut P. F. Hofstéeter, qui publia en 1811 à Vienne, sous le titre de Altdeuîsche Gedichte ans tien Zcitcn der Tafelrundey deux volumes dont le premier est presque entièrement consacré à la traduction mêlée d'analyse du poème d'Ulrich. Hofstaeter s'exprime sur Arnaut Daniel d'une manière hésitante et confuse. Une première fois (p. xxv), il remarque qu* « Arnauld Daniel ne peut guère être, ainsi qy'on le dit, le chantre de Lancelet »>, puisque ce poème ne figure pas dans le catalogue de ses écrits donné par Nostradamus ' et Sainte-Palaye. Malgré cela, revenant à cette question plus loin (p. xxxix;, il dit : « Arnauld Daniel aurait écrit ce poème en langue provençale. C'est ce que nous apprend Wolfram d'Es-

chenbach, et des amis de l'ancienne muse allemande l'ont répété

L'original, qu'il soit de Daniel ou d'un autre, ne s'est pas, que je sache, encore retrouvé en France. » Il répète ensuite, plus longuement que ta première fois, l'énumération des ouvrages attribués au troubadour, et ajoute : « Mais je ne trouve nulle part qu'il ait fait un Lanzelet de Lac. Il e&t vrai qu'Kschenbach le dit, et quil était plus près de la source. Cependant il reste toujours surprenant qu'on n'en trouve aucune trace chez les biographes anciens ou nouveaux. » Il résulte de ces remarques que Hofstaeter ne connaissait pas le passage du Tasse et n'avait pas l'idée que le Lanceht attribué à Arnaut Daniel fût le Lancelot de Dante ; toute cette partie italienne du sujet lut est étrangère. Il avait trouvé dans une source qui m'est inconnue » |ei qu'il désigne par « des amis de l'ancienne muse allemande ») rasseriion, complètement fausse, relative à Wolfram d'Eschenbach : celui-ci ne parle nulle part d'Ulrich. On voit du reste que Hofstaeter doute beaucoup de cette attribution et ne dit nullement qu*Ulrich nomme Arnaut Daniel comme son original.

1 . Nostradamus^ suivant son usage, met dans sa liste plusieurs écrits imaginaires, et dont le titre même csi absurde.

2. En 1810, dans le Muséum lùr altdeutsche Kunsf itnd LitUralur (t. I, p. 6oj), Von der Hagen insérait une note sur le manuscrit de Lanztki^ où il ne dit root d'Arnaut Daniel ni de IVoUrara; ce n'est donc pas à lui que Holsiarter doit ce faux renseignement.

D'Allemagne l'erreur passa en France, où le patriotisme provençal raccueillit volontiers. Raynouard parait avoir eu connaissance de l'ouvrage de Hofstaeter seulement par ouï-dire et d'une façon assez inexacte. Après avoir allégué le passage du Purgatorio pour prouver qu'Amaut Daniel avait composé des romans, il ajoute ' : y< Mais il existe une preuve positive de l'existence d'un roman d'Arnaud Daniel ; c'est celui de Lan- CELOT DU Lac, dont la traduction fut faite, vers la fin du treizième (sic) siècle, en allemand, par Ulrich de Zatschitschoven, qui nomme Arnaud Daniel comme l'auteur original'. r> Cette affirmation, que je suppose faite par simple erreur de mémoire, devait être acceptée sans autre examen. En 1 82 j , Val Schmidt, dans les Wiener Jahrbiicher fiir Literatur (t. XXIV, p. 160), cite les paroles de Raynouard, et remarque que c'est là un renseignement très important, parce que dès lors il est clair que le Lancilot de Dante, le Lancdot de Francesca, est le roman d'Arnaut Daniel. Par un singulier hasard, Schmidt, qui avait cependant une lecture fort étendue, et qui écrivait à Vienne^ n'avait pas connaissance du livre de Hofstaeter, paru à Vienne en 181 t : s'il l'avait lu, il aurait vu d'abord qu'Ulrich ne nomme aucunement Arnaut Daniel, ensuite que son poème ne pouvait ressembler en rien à celui que Dante connaissait. En 1835, le même savant revint sur la question, et crut avoir trouvé une preuve certaine que le Lancdot de Dante n'était pas le roman en prose français : il s'agissait de la toux de la dame de Malehaut Al primer falb scritto di Gineyra, qui est mentionnée par Dante \Par. XVI, 1 ?), et qui ne se trouverait pas dans le Lancdot français : M. Hofmann a montré depuis que cet incident, supprimé en effet dans les éditions anciennes, se trouve dans les manuscrits î. En 1826, Diez traita la question dans son livre sur la Poésie des Troubadours (p. 207 ss.), mais il ne réussit pas à discerner clairement !a vérité. « Que le célèbre chansonnier Arnaut Daniel, dit-il, se soit distingué aussi dans le genre du roman, bien que les deux genres n'aient guère été réunis et qu'on ne trouve aucune allusion à ce fait dans les poésies des troubabours, c'est ce que le valable témoignage de Dante élève au-dessus de tout doute. » On a vu plus haut que ce témoignage est au contraire sans valeur. Après avoir ensuite essayé de rendre vraisemblable l'interprétation de prose di romanzi par « romans en vers o, et

Page 1