‹ Romania (volume 2)Chapitre 229 sur 282 · LA PARCE DES TROIS COMMÈRES · texte numérisé non relu

LA PARCE DES TROIS COMMÈRES

'attribuer à la Savoie notre farce, qui de lâ a pu facilement être portée en Italie.

La versification de la Farce des trois commères, irrégulière quant aux rimes, ne Test pas moins quant à la mesure des vers. Ici toutefois, je ne crois pas que Pauteur puisse être rendu responsable de tant de vers trop longs ou trop courts. Je pense qu'à l'origine tous les vers étaient octosyllabiques, sauf le dernier de chaque partie du dialogue, qui pouvait être plus court. C*est en ce sens que j'ai proposé un certain nombre de corrections qui laissent encore bien des passages sans remède. Il est difficile d'opérer la restitution systématique d'un texte altéré par la transmission orale ou écrite iprobablement par l'une et par l'autre) à tel point que les principes mêmes suivis par l'auteur ne peuvent être reconnus avec certitude.

Falsa trium comatrum.

Diu gard, Diu gard la compagnie !

S'il vous plet, ascoté moy :

Je di voyr en bonne foy, Igl e ci très bonnes galles j Che tute troy comere sont ; Elle mingion de gallines, De perdis e de capons.

Lors homes sont a l'église

(fol. 72 v;

1 . compagnie; h première syllabe en abrégé; de même w. 40, 42, jS, 109, (tu

I â 1 1 . Ces vers sont un prologue.

4. CalUsy corr. gaihises? Le substantif galois^ galoisc, qui signifie ordinairement celui ou celle qui aime à rire, a fmi par prendre un sens très déravorabie, f a fillhy whore, » Cotgrave. L'hisloirc de ce mol n'esl pas encore faite cl l'origine en est incertaine. On peut !e rapprocher de galrr. s'amuser bruyamment; voir plus bas la noie sur gaknc. D'aulre part^ G. Paris est disposé i rattacher l'emploi de ce moi comme nom commun à la folle confrérie des Galois et Galoiscs dont parle k chevalier de La Tour-Landry, en son chap. cxtcj, et il ajoute ûue cette confrérie s'était donné ce nom parce qu'elle prétendait faire revivre les mœurs gaies et brillantes de la cour d'Arlur {Cbamons du XV' i., p. xvj). Mais il faut aussi considérer que le mot galois a eu une autre application. Vingt-cinq ans environ après que le chevalier de La Tour-Landry composait son livre, en 1597, nous trouvons, dans un exemple cité par Du Gange, sous OALLETCS, le mol gdois désignant un certain corps de gendarmes.

6. ElU mingion, « elles mangent * ; la perte de Vs finale dans elle n'esl pas seulement propre àTilalien ; le même fait s'observe dans la plupart des pays du domaine cjuc M. Ascoli appelle franco-provençal . Le passage d'an latin à in dans mtngion s'observe dans le même domaine et plus loin encore vers le nord : voy. Cornu, Romania, VU, 432 ; pour la finale en on, voy. ibiJ. IX, ioj, §^ n et 12. Remarquons que le vers serait complet si on rétablissait l'ancienne forme française manjucntj qui a duré jusqu'au XV" siècle ; voy. Romaniay VU, 43}.

5)8 p. MEYER

Pour gaygner le perdons 10 A Nostra Dama de Lianse

E a monsegneur sain Johan.

Marmet.

Hé ! hé ! Diu vous meiei en mal an î

Vous nen avés pas gheyre do leur

De voustre maris que sont a labour !

Jana.

1 5 Pour monsignour saiï Victour

Nous sions apresié de retrover

Des cantins sus vos espalles,

Se Dius ne vous ayde.

Perneta.

Coraeyre Jana, nous arons bonne ayde 20 A nostra comeyre Poc-file ;

Aie vous ant a la gleysc prestemani

E regardés se noustre mari li sont.

Puoc FrLE,

El par raonsigneur sant Sovent

Ce n'est que moquerie :

2 j Je scey bien qwe vous voulés

Tous dues estre araorouse

De Marmet, je le voy bien, Jana.

Et vous mentes, par voustre dens,

(fol 73)

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