X. — René et son Seigneur Rom., V, p
Comparer nos n« 20, Richedeau (Rom., VI, p. $39), 49, Blancpied {Rom., VIII, p. 570), et 71, L( Roi et srt fils (Rom., X, p. 170), ainsi que les remarques de ces contes. — Ajouter aux rapprochements faits un conte grec moderne de la Terre d'Otrante (R. Lr^rand, Contn populaires grecs, p. 117).
Voir l'appendice de notre cinquième partie (Rom., VII, p. $89 seq.).
Dans le texte du conte lorrain, nous nous étions vu obligé de supprimer, vers b fin, un passage qui ne préscTitait aucun sens raisonnable. Après avoir dit que le seigneur avait fait mettre René dans un carrosse, pieds et poings liés, pour aller le jeter à Teau, et que, chemin faisant, le seigneur et ses gens étaient descendus un moment, le conte de Montiers ajoutait que René, voyant passer un lièvre, sautait à pieds (oinls hors du carrosse. Venait ensuite, rattachée n'importe comment, la rencontre du pâtre. — Un conte irlandais nous a mis sur la voie de la lorme primitive de cet épisode du lièvre. Dans ce conte irlandais, les deux voisins de Donald, à qui celui-ci a joué plusieurs tours pour se venger du mal qu'ils lui ont fait, le mellenl dans un sac pour aller le jeter à la rivière. Chemin faisant, ils font lever un lièvre ; ils déposent alors leur fardeau et courent après le lièvre. Pendant ce temps, passe un pâtre, que Donald attrape, comme cela a lieu dans tous les contes de ce genre. — Évidemment voilà h forme primitive du passage complètement défiguré de notre conte lorrain.
Le passage où la peau de vache avec ses grandes cornes fait croire aux gens qu'ils voient le diable se retrouve^ avec certaines alléralions, dans un conte aile- , mand de ce type (Miillentioff, n" 24). Voir aussi un conte de la Haule-BretagneJ (P. Sébillot, 1, p. 213),
La Bourse, le Sifflet et le Chapeau Rom., V, p. j6i.
Comparer nos n« 42, Les trots Frhes {Rom. ^ VU, p. j8i)i et 71, /f Rot «1 ses Fils {Rom.^ X, p. 170), et aussi, pour les objets merveilleux, notre rfl J9, inexactement indiqué ^8, les îms Charpcnùas [Rom.^ IX, p, 394).
Nous avons retrouvé une variante de notre conte, provenant d'Ecurey, hameau situé à deox ou trois kilomètres de Montiers-sur-Saulx. Cette variante est, sur certains points, plus complète que notre n* 11. — Trois militaires, qui reviennent de la guerre, entrent dans un beau château, au milieu d'une forêt. Ib f\ trouvent une table bien servie, avec trois couverts - mais ils ne voient personne, sinon des mains, qui les servent. En se promenant dans le jardin, ils rencontrent urt chat, qui donne au premier une bourse toujours remplie ; au second, une baguette qui fait paraître des soldats, autant qu'on en veut \ au troisième, un petit billet, par la vertu duquel on se transporte partout où l'on désire être. Celui qui a la bourse s'en va jouer aux cartes avec une princesse. Celle-ci, qui gagnait toujours, exprime son élonncmenl de voir qu'il a toujours de l'argent, n lui parte de la bourse. La princesse se lève pendant la nuit, va fouiller dans sa poche, lui prend sa bourse et en fait faire une autre d'apparence semblable, qu'elle met à la place de la bourse roerveilteuse. Le militaire se fait prêter lai baguette par son camarade ; mais il a l'imprudence de la remettre à la princesse qui demande i l'examiner, et il est obligé de s'enfuir. If revient avec le billet qu'il a emprunté à son autre camarade, et il offre à la princesse de la transporter avec lui en un instant bien loin sur la mer. La princesse accepte, et ils sont transportés dans une île. Voyant un beau pommier, la princesse demande , au militaire de lui cueillir des pommes. Pendant qu'il monte sur l'arbre, il laisse j
tomber son billet ; la princesse le ramasse et se souhaite chez elle. Le militaire, resté sur son arbre, mange des pommes, et voilA qu'il lui pousse des cornes, et plus it mange de pommes, plus il lui pousse de cornes. Il descend de l'arbre et s'en va plus loin, il monte sur un poirier et, h peine a-t-il commence à manger des poires, qu'il voit une corne tomber, puis une autre ; elles finissent par tomber toutes. — Il rencontre une fée qui lui conseille de s'habiller en fruitier et d'aller dans le pays de la princesse crier ses pommes à cinquante, deux cents et trois cents louis la pomme. Le militaire suit ce conseil ; la princesse fait acheter par sa servante un panier de pommes ; elle en mange, et aussitôt il lui vient des cornes et des cornes. Tous les docteurs y perdent leur latin. Le militaire se présente au palais, déguisé en docteur ; il est bien reçu. Pendant deux ou trois mois, il donne des tisanes à la princesse, sans qu'il y ail d'amélioration. Enfin il lui dit ; « Il faudrait aller vous confesser, et vos cornes s'en iraient, • La princesse répond d'abord qu'elle n'oserait pas traverser le village avec ses cornes ; puis elle dit qu'elle ira se confesser au curé, le lendemain, à six heures du matin. — Le lendemain, à six heures, le militaire s'affuble d'un surplis et se met dans le confessionnal. La princesse se confesse. « Vous deve^ avoir encore quelque chose sur la conscience, car le docteur m'a dit que toutes vos cornes tomberaient si vous disiez tout, — Je n'ai qu'une méchante bourse. — Donnez-la toujours. » La princesse la donne, et te prétendu curé lui fait manger deux poires v pour la remettre. > Aussitôt î! tombe plusieurs cornes. Le militaire se fait ainsi donner la baguette et le billet, et chaque fots il fait manger deux poires à la princesse. Quand il est rentré en possession des trois objets, il crie : « Par la vertu de mon billet, que je sois transporté avec mes camarades! • Il rend à chacun ce qui lui appartient, et ils se marient tous les trots avec des princesses.
Ajouter aux rapprochements faits ceux-ci : un conte de la Haute-Bretagne (P. Sébillol, I, n» j), un conte de la Flandre française (Deuiin, Contes d*un buveur di biat, p. 81), un conte irlandais (P. Kennedy, Fiustdc Slortcs of Irc' land^ p. 67).
XH. — Le Prince et son Cheval Rom.^ VI, p. 212.
Voir l'appendice de la septième partie (/?om., IX, p. ^\9t'^2^)y et suprà^ dans cet index, au n' 1, le conte syriaque où le héros se couvre les cheveux d'une vessie, comme le prince du conte lorrain.
Voir aussi les quelques additions faites par M. Reinhold ICahler à nos remarques dans la Zaîuhrxjt fir romamschc Philologu ill. p. iSj).