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LXXXIII. — La Flave du Rouge Couchot Rom., X, p

CHANTS DU VELAY ET DU FOREZ

RENAUD. — LA PORCHERONNE.

Les chansons de tradition orale les plus répandues offrent un intérêt dont on ne se lasse point. Aussi n'avons-nous pas cru superflu de donner des variantes de Renaud et de la Porcheronne.

Renaud ou Arnaud se chante partout en France, et partout, si ce n'est en Basse-Bretagne, en langue française'.

La première de nos leçons appartient au Forez, les deux autres au Velay.

Madame Arnaud, dans son châteauh -^i Ne voit venir son fils Arnaud. > < Venez, mon fils, venez jouir : 2 Votre femme a accouché d'un fils.

— Je ne peux pas m'en réjouir, 3 Ni à ma femme, ni à mon fils.

J'apporte dessous mon manteau 4 Mes tripes et aussi mes boyaux.

Déchaussez-moi, mère, ma mie, 5 Préparez-moi z-un beau lit blanc ; Mettez-le moi dans quelque coin, 6 Que ma femme en sache rien. »

Le même jour, à la minuit, 7

Monsieur Arnaud rendit l'esprit.

Toutes les servantes qui pleuraient, 8 Z-et les valets qui surpleuraient.

€ Z-oh 1 dites-moi, mère, ma mie, 9 Que les servantes pleurent-illes?

— La lessive elles ont menée , 10 Les plus beaux draps elles ont taché.

— Des plus beaux draps je m'en

[soucie, 11 Pourvu qu'Arnaud ne soit pas mort.

Quand Arnaud de la guerre viendra, 12

1. Nous ne mentionnerons pas les références d'une complainte qui se trouve dans plusieurs recueils étrangers et dans presque tous les recueils français. L'érudit, curieux de son origine, sait ce qu'en a dit M. Gaston Paris, rendant compte des Chants de l'Ouest de M. J. Bujeaud (Revue criti(juey 22 mai 1866). Voy. encore RomamOy X, 372.

Des plus beaux draps n'achètera.

Z-oh ! dites-moi, mère, ma mie, i j Que les valets nen pleurent-ils ?

— C'est le plus beau de nos chevaux 1 4 Dans l'écurie n*a tombé mort.

— Plus beau cheval je m'en soucie, 1 s Pourvu qu'Arnaud ne soit pas mort î Quand Arnaud de la guerre viendra, j6 Plus beau cheval n'achètera.

Z-oh ! dites-moi, mère, ma raie, 17 Qu'est-ce qu'on entend frapper ici?

— Ma fille, c'est les charpentiers t8 Qui raccommodent !e grenier.

— Z-oh I dites-moi, mère, ma mie, 19 Qu'est-ce qu'on entend chanter z-ici ?

— Ma fille, c'est la procession 20 Qui fait le tour de la maison.

— Z-oh 1 dites-moi, mère, ma mie, 21 Irons-nous ' la messe aujourd'hui?

— Z-oh I oui, ma ille, nous irons, 22 De bonne heure nous partirons.

Cette fin, qui transporte d'une façon si imprévue l'intérêt de la femme à la mère, est, à n'en pas douter, d'imagination récente. Les leçons suivantes, malgré les lacunes qui les traversent, maintienneni mieux leur uniié.

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