‹ Romania (volume 2)Chapitre 265 sur 282 · SMITH · texte numérisé non relu

SMITH

— Z'oh ! dites-moi, mère, ma mie, 25 Quel habit prendrai-je aujourd'hui ?

— Prenez le blanc, prenez le gris, 24 Prenez le noir pour mieux choisir. »

Lorsqu'elle nen fut dedans les champs, Ses bergers s'en vont en disant ; 2\ I Voici la femme de ce grand roi 26 Que Ton enterra hier au soir.

— Z-oh l dites-moi, mère, ma mie, 27 Que ces bergers nous disent-ils ?

— Ils nous disent d'avancer le pas, 28 Que la messe nous l'aurons pas,

— Z-oh ! dites-moi, mère, ma mie, 29 Ces flambeaux que signifient- ils ?

— Ma fille, |e ne peux plus tenir, )o C'est Monsieur Arnaud qui est mort ici.

Ne pleurez pas, belle, ma mie, Vous trouverez d'autres maris.

Vous trouverez d'autres maris.

Moi, je trouverai plus de fils*.

îi

Madame Arnaud, de son chAteau, 1 Nen voit venir son fils Arnaud.

« Réjouis-toi, mon fils Arnaud, 2 Que ta femme a un bon fils.

— Ni de ma femme, ni de mon fils, 5 Je ne peux pas me réjouir.

Je porte mes tripes et boyaux : 4 Venez ies voir sous mon manteau.

Allez, ma mère, passez devant, j

Allez-moi faire un beau tît blanc, Et raites-le un peu si loin 6

Que ma femme n'entende rien. *

Et quand il vint z-à la minuit, 7

Le fils Arnaud rendit l'esprit.

La mère s'est mise à pleurer 8

Et la servante à soupirer.

•< Oh! dizez!*-donc, mère, ma mie, 9 Qu'est-ce que ['entends pleurer ici?

— Ma fille, c'est un de nos chevals io Que cette nuit a pris mal.

— Pour de chevals je m'en soucie^ 1 1 Pourvu qu'Arnaud ne soit pas roort.

Quand Arnaud de la guerre viendra, 1 2 Un plus beau n'en amènera.

j. Chanté à Fraisses. en décembre 1867, par Jean-Marie Just.

2. Dans le cours de la chanson, les chanteuses disent quelûuefois dites, mais moins souvent que disez, qui est le mot qu'elles emploient, parlant patois. Nous avons suivi cette dernière forme, sans tenir compte de quelques variations.

Ohl dizez-donc, mère, ma mje, ij Qu'est-ce que j'entends frapper ici?

— Ma fille, c'est les charpentiers 14 Qui raccommodent nos planchers.

— Oh ! disez-donc, mère, ma mie, 1 ^ Qu'est-ce que j'entends chanter ici ?

— Ma fille, c'est la procession 16 Qui fait l'entour de la maison.

— Oh! disez-donc, mère^ ma mie, 17 Qu'est'ce que j'entends sonner ici ?

— Ma fille, c'est U fêle d'un grand

[saint, 18 Qu'on s'y prépare pour demain.

— Oh! disez-donc, mère, ma mie, 19 Quel habit prendrai-je aujourd'hui?

— Ma ftlle, toute lemrae qui a un

f nouveau fils 20 De blanc, de noir^ doit se vèlir. »

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