‹ Romania (volume 2)Chapitre 92 sur 282 · LA FILLETTE ET LE CHEVALIER · texte numérisé non relu

LA FILLETTE ET LE CHEVALIER

De bon malin Pierre se lève.

Chez sa mie s'en est allé,

En lui disant : « Réveillez-vous, Nous irons flaire un petit tour, u

Mais si t'a pris' par sa main blanche, Sur son cheval il J'a monté.

En lui disant : ■ Tenez-vous bien, Car mon cheval marche à grand train.»»

Quand i n'en fut sur ces montagnes, Dans ces grands bois bien égarés,

En lui disant : f Descendez-vous, Car c'est le dernier de vos jours. »

La belle mît genou en terre, Les mains jointes, les larm' aux yeuï,

En lui disant : • Pierre, mon ami^ Oserais-tu me faire mourir ? »

Le galant tire son épée, Au fond du cœur lui Ta plongé^

jo.

Lui l'a plongé si rudement^ Que son épée n'est toute en sang.

Mais si l'a pris' par sa main blanche^ Dans \i rivière il t'a jeté.

L'a jeté si prolondémenl,

Que la rivière est toute en sang.

Y avait là-t-une bergère, Qui soignait faire tout cela,

En lui disant : « Soigne pas tant, Car je potirrais t'en faire autant, v

«S- Son pauvre père, ssi bonne mère, Trois joun, trois nuits l'ont tant cher-

[ché,

L'ont tant cherché^ qu'ils ont trouvé Une bergère bien égaré'.

rt. Oh 1 dites- nous, belle bergère, Oh ] dites-nous la vérité.

— La vérité, j'ai vu passer Une fillette, un chevalier.

Suivez le long de la rivière, Suivez le long de ce ruisseau,

Vous y verrez son sang caillé Et son manteau au bord de l'eau. •

Le plus jeune de ses trois frères, Dans la rivière il s'est jeté,

En lui disant : « Sœur Isabeau.

Qui t'a jeté dans ce ruisseau? »

Un ange descendit du cièle.

En lui disant : t C'est son ami » ;

En lui disant : « C'est son ami, Mériterait d'être puni I * •

Forez, partout, et presque toujours, très défigurée. Les feuilles d'images qu'Epinal et Metz répandent en ont vulgarisé, en France, de mauvaises leçons.

I. Fraisses, Maria Planchet et Antoinette Moulin. Cette complainte, assez répandue^ n'a pas toujours le caractère légendaire et merveilleux que lui prête la leçon que nous donnons. Dans la plupart des versions, d s'agti simplement du valet a un seigneur, las de son amour satisfait avec une servante :

CHANTS POPULAIRES DU VELA Y ET DU F0RË2

Page 1